Artistes

Al Jarreau

Al Jarreau, nom de scène d’Alwyn Lopez Jarreau, né le à Milwaukee dans le Wisconsin et mort le à Los Angeles, est un chanteur jazz, soul, funk et pop américain.

Au cours de sa carrière, Al Jarreau a remporté sept Grammy Awards et est le seul chanteur à avoir remporté ces distinctions dans trois catégories différentes - jazz, pop et R&B - d'une part et, d'autre part, au cours de quatre décennies, des années 1970 aux années 2000.

Biographie

Enfance et formation

Fils d'un pasteur et d'une pianiste, Al Jarreau commence à chanter dès l'âge de quatre ans à l'église en compagnie de ses deux frères et de sa soeur. Il poursuit des études de psychologie au Ripon College d'où il est diplômé en 1962 puis étudie la réhabilitation vocale à l'université de l'Iowa dont il obtient le diplôme en 1964. Il s'installe alors à San Francisco où il travaille dans un centre pour personnes en difficulté et où il fait la connaissance du pianiste George Duke avec lequel il entame ses premiers tours de chant.

Débuts artistiques

A la fin des années 1960, il s'installe à Los Angeles, où il entame quelques tours de chant dans plusieurs bars branchés comme le Dino’s, The Troubadour ou encore le Bla bla Cafe. Remarqué par des agents, il signe un contrat chez Reprise Records et sort en 1975 un album produit par Al Schmitt, producteur et arrangeur bien connu des studios californiens, avec l'aide de Dave Grusin pour l'arrangement des cordes, des cuivres et des voix. We Got By bénéficie d'une très bonne critique et d'un succès public, le titre éponyme et You Don't See Me constituant des moments forts de cet album.

En 1976 suit l'album Glow, coproduit par le tandem Al Schmitt et Tommy LiPuma (Michael Franks), où l'on retrouve des musiciens comme le guitariste Larry Carlton, Joe Sample et Wilton Felder (tous trois membres du groupe The Crusaders) ou encore le percussionniste Ralph MacDonald. On peut y apprécier des interprétations très personnelles de Your Song (Elton John) et de Agua De Beber de Vinícius de Moraes et Antônio Carlos Jobim. En 1977 paraîtra un album live Look To The Rainbow pour lequel il obtient le premier Grammy Arward des sept qu'il recevra au cours de sa carrière. En 1978, All Fly Home marquera sa dernière collaboration avec Al Schmitt comme producteur, avec toujours des musiciens reconnus tels que Larry Williams du groupe Seawind, le guitariste Lee Ritenour ou encore le percussionniste Paulinho Da Costa.

Années 1980

En 1980, paraît l'album This Time, produit par Jay Graydon (Airplay), un guitariste renommé des studios de Los Angeles. Le succès est immédiat ; l'album est salué par la critique et conquiert un large public, avec des titres comme Gimme What You Got ou Never Givin' Up sortant en singles. 1981 constituera le sommet commercial de la carrière de Al Jarreau avec l'album Breakin' Away, toujours produit par Graydon. Les titres tels que Breakin' Away, We're In This Love Together et Roof Garden obtiennent un grand succès. Breakin' Away se hissera à la première place du Billboard dans deux catégories : Black Albums et Jazz Albums et atteindra la neuvième place dans la catégorie Pop Albums. Des musiciens célèbres ont participé à ce disque, par exemple Bill Champlin (Chicago), Steve Lukather et Jeff Porcaro (Toto), Steve Gadd, Richard Page et Steve George (Pages, Mr. Mister), David Foster, Michael Omartian (Christopher Cross), la section de cuivres de Seawind (Jerry Hey, Larry Williams), ou encore le saxophoniste de jazz Tom Scott. Breakin' Away sera nommé aux Grammy Awards dans la catégorie Meilleur Album de l'année.

En 1982, Al Jarreau participe à la bande originale du film Night Shift, un des premiers films du réalisateur Ron Howard (le Richie de la série Happy Days) en interprétant le titre Girls Know How écrit par Burt Bacharach, Carole Bayer Sager et David Foster et toujours produit par Jay Graydon mais cette fois en compagnie de David Foster. Burt Bacharach et Carole Bayer Sager écrivent la majorité des musiques de ce film. En cette même année 1981 il se produit également au célèbre festival de Montreux en Suisse sur les bords du Lac Léman. Trois titres en duo avec Randy Crawford seront immortalisés sur l'album Casino Lights: Recorded Live at Montreux, Switzerland, il s'agit de Who's Right Who's Wrong (Kenny Loggins/Richard Page), Sure Enough (Tom Snow/Cynthia Weil) et Your Precious Love (Nickolas Ashford/Valerie Simpson).

En 1983, paraît l'album Jarreau, sous la houlette Jay Graydon qui choisit pratiquement les mêmes musiciens que sur Breakin' Away. Les singles Mornin', Boogie Down et Trouble In Paradise accompagneront cet album. Parmi les musiciens ne figurant pas sur Breakin' Away, on note la présence de Steve Porcaro (Toto), frère du batteur Jeff Porcaro.

Les années 1983-4 marquent un profond changement dans l'industrie musicale, aussi bien dans la politique des maisons de disques que dans les productions proposées. L'année 84 verra l'avènement du tout synthétique et Al Jarreau n'échappera pas à cette mode avec l'album High Crime, toujours produit par Jay Graydon, qui connaîtra moins de succès que ses prédécesseurs.

1984 est aussi l'année les retrouvailles entre Jarreau et le producteur Tommy LiPuma pour l'album Live In London enregistré au stade de Wembley. La version audio totalise huit pistes, moins que la cassette vidéo sortie à la même époque. Lors de ce concert, Al Jarreau est entouré d'une « dream team » constituée de Robbie Buchanan aux claviers, Nathan East à la basse, Ricky Lawson à la batterie, Charles "Icarus" Johnson à la guitare, Richard Page et Steve George dans les chœurs, Larry Williams aux synthétiseurs et Jerry Hey et Michael Paulo respectivement trompette et saxophone.

En 1985, Al Jarreau participe avec le groupe anglais de jazz/funk/pop Shakatak au single Day By Day. L'année 1985 sera également celle du concert USA for Africa, pour la chanson We Are The World, projet initié par Michael Jackson, Lionel Richie et Quincy Jones, qui réussiront à rassembler une très grande partie des stars américaines de la chanson du moment, dont Al Jarreau.

En 1986, Al Jarreau prend la direction de New York pour enregistrer un nouvel album, L Is For Lover, aux connotations funky-pop. Il décide de faire confiance au producteur Nile Rodgers. Parmi les musiciens, on peut remarquer Hiram Bullock, le batteur Steve Ferrone (Average White Band) et le français Philippe Saisse (Claude Nougaro, Chaka Khan, etc.).

1988 marque le retour de Al Jarreau avec un nouvel album, Heart's Horizon, et une nouvelle et dernière collaboration avec Jay Graydon. D'autres producteurs sont également présents : George Duke, Dennis Matkosky et le Français Philippe Saisse. De nombreux musiciens des studios de L.A. sont de la partie : Stanley Clarke, Bill Champlin (Chicago), Bobby McFerrin, Paul Jackson, Jr., Bobby Kimball (Toto), Jerry Hey, Russell Ferrante (Yellowjackets), pour n'en citer que quelques-uns.

Années 1990

Il se passera ensuite quatre ans avant que Jarreau ne sorte de nouvel album. 1992 voit la sortie de Heaven And Earth, produit par Narada Michael Walden. Ce ne sera pas un album majeur dans la carrière de Jarreau, malgré quelques titres intéressants.

En 1994, sur l'album Tenderness, Al Jarreau change radicalement ses choix de production en sortant un disque enregistré live en studio. Jarreau revient à un chant très jazz sur cet album, qui ne comporte que des reprises : We Got By, You Don't See Me, une interprétation de She's Leaving Home des Beatles, Mas Que Nada de Jorge Ben, Try A Little Tenderness (popularisée par Otis Redding) ou encore Go Away Little Girl de la paire Gerry Goffin/Carole King. L'album est le fruit d'une collaboration avec Paulinho Da Costa, Steve Gadd, Joe Sample, Marcus Miller (producteur), Eric Gale ou encore David Sanborn.

Le reste des années 1990 ne verra la sortie que d'une compilation, Best Of Al Jarreau, avec deux titres inédits : Compared To What et Goodhands Tonight.

Années 2000 et 2010

Al Jarreau commence la décennie 2000 avec la sortie d'un nouveau disque sur le label GRP Records. Tomorrow Today est un opus de très bonne facture, sous la houlette du producteur à la mode dans le milieu du smooth jazz, Paul Brown. L'album comporte notamment le très latino Tomorrow Today ou encore Just To Be Loved (Bill Champlin / Greg Mathieson). À noter aussi la présence de Vanessa Williams pour un duo sur God's Gift To The World.

L'album All I Got de 2002 (GRP Records) est le fruit du même groupe de musiciens, avec les présences de Paul Brown et de Rex Rideout comme producteurs. L'album comporte un duo avec Joe Cocker, Lost And Found. Parmi les participants, on note également Siedah Garrett, Jeff Lorber, Freddie Ravel, Kirk Whalum et Tony Maiden.

Avec Accentuate The Positive (2004), sur le prestigieux label Verve, Al Jarreau fait un retour au jazz avec l'aide de Tommy LiPuma, producteur de Diana Krall, Michael Franks et George Benson, entre autres. Al Jarreau interprète des classiques du Great American Songbook, mais aussi des compositions originales. Une production très minimaliste permet à la voix de Jarreau de montrer que, malgré le poids des années, il est toujours là. Peter Erskine à la batterie, Luis Conte aux percussions, Larry Goldings à l'orgue Hammond et Christian McBride à la basse donnent le La.

En 2006, Al Jarreau et George Benson font pour la première fois équipe ensemble pour un album en commun, Givin' It Up. L'album est une réussite, avec une pléiade de stars invitées sur le CD : Paul McCartney, Herbie Hancock, Jill Scott, Chris Botti, Stanley Clarke, Marcus Miller pour ne citer que ceux-là. Al Jarreau pose des paroles sur le Breezin' de Bobby Womack, popularisé par George Benson en 1976, ainsi que sur Tutu de Miles Davis, la reprise du classique de Seals And Crofts Summer Breeze.

La tradition veut qu'aux États-Unis, chaque artiste sorte au moins un album de Noël durant sa carrière. En 2008, Al Jarreau se plie à cette tradition avec son album Christmas, où l'on note la présence du groupe vocal Take 6, mais aussi de plusieurs stars des studios californiens : le trompettiste et arrangeur Jerry Hey, le guitariste Michael Thompson, le percussionniste Lenny Castro, ainsi que son directeur musical Larry Williams.

En 2009 sort une nouvelle compilation chez Rhino Records, comportant un titre inédit enregistré avec la paire Ahmir "Questlove" Thompson/James Poyser. En 2009 également, il fait un duo avec la chanteuse Pauline Wilson, sur l'album de reformation du groupe Seawind.

À l'été 2010, Al Jarreau entame une tournée européenne, avec notamment des concerts à Nice (Nice Jazz Festival) et à Marseille (Festival Jazz des Cinq Continents). Il est hospitalisé d'urgence le 22 juillet pour des problèmes respiratoires, juste avant un concert à Barcelonnette,.

À l'automne 2010, on peut entendre Al Jarreau sur le nouvel album du guitariste producteur de Smooth Jazz, Paul Brown, Love You Found Me. Il est aussi présent sur deux titres du dernier album de Deodato, Crossing. En 2011, il joue à « Jazz à Vienne » puis, le 22 juillet 2011 (un an exactement après son malaise), il revient au Festival des « Enfants du Jazz » de Barcelonnette, souhaitant honorer son engagement et rencontrer son public. Un nouvel album est en préparation pour l'année 2012 sous la houlette du producteur et musicien George Duke, ainsi que de son directeur musical Larry Williams. La mort en 2013 de George Duke change le programme d'Al Jarreau qui sortira finalement en 2014 son dernier disque consacré à son ami décédé : My Old Friend: Celebrating George Duke.

Le 8 février 2017, il annonce sa retraite après avoir interrompu sa tournée pour cause d'« épuisement ». Il meurt le 12 février 2017 à l'âge de 76 ans dans un hôpital de Los Angeles où il était hospitalisé depuis deux semaines.

Vie privée

Al Jarreau se marie une première fois avec Phyllis Hall en 1964. Le couple se sépare en 1968 et le chanteur épouse ensuite le mannequin Susan Player en 1977, avec laquelle il a un fils, Ryan.

Discographie

Principaux titres

Parmi ses interprétations les plus connues, on peut citer :

Albums

(avec classement U.S. dans les différentes catégories Billboard et classement anglais)

Singles

(avec les classements U.S. dans les différents catégories Billboard)

CHUCK BERRY

Charles Edward Anderson Berry, dit Chuck Berry, né à Saint-Louis (Missouri) le et mort le à Wentzville, comté de Saint Charles (Missouri), est un guitariste, chanteur, auteur-compositeur américain et l'un des pionniers de la musique rock?n’roll.

Avec les chansons comme Maybellene (1955), Roll Over Beethoven (1956), Rock and Roll Music (1957) et Johnny B. Goode (1958), Chuck Berry a développé le « rhythm and blues » de son temps en y apportant des éléments distinctifs de ce qui deviendra le « rock 'n' roll » : des paroles axées sur la vie adolescente, le consumérisme ainsi qu’une musique donnant la part belle aux solos de guitare et à la mise en scène de son/ses interprète(s) - autant d’éléments qui exerceront une influence majeure sur la musique rock subséquente.

Chuck Berry fut probablement le seul compositeur qui, de son vivant, pouvait se produire en concert dans n'importe quel endroit de la planète en recrutant sur place à la dernière minute « éventuellement le jour même, dans le bistrot d'en face la salle de concert » les musiciens pour l'accompagner qui connaissent déjà son répertoire, et peuvent improviser dessus.

Biographie

Jeunesse

Charles Edward Anderson Berry est né le à Saint-Louis, dans le Missouri. Il est le quatrième des six enfants de Henry William Berry et Martha Bell Banks. Son père est charpentier et diacre dans une église baptiste du quartier, tandis que sa mère est institutrice. La famille Berry, qui appartient à la classe moyenne, vit dans un quartier afro-américain relativement prospère du nord de Saint-Louis, The Ville (en). Charles Berry s'intéresse à la musique à un jeune âge, et se produit en public pour la première fois en 1941 dans son lycée.

Chuck Berry découvre la musique dans l'église locale où il se rend régulièrement avec ses six frères et sœurs. Ses parents font en effet partie de la chorale locale. Il est scolarisé à la Simmons Grade School puis à la Sumner High School. Il apprend la basse et la guitare dans le Glee club de son école.

En 1944, alors qu'il est encore au lycée, Berry est arrêté par la police pour avoir braqué trois magasins de Kansas City avant de voler une voiture saoul avec quelques amis. Dans son autobiographie, il explique que sa voiture était tombée en panne et que l'arme avec laquelle il avait menacé le propriétaire du véhicule volé n'était pas chargée. Il est condamné et envoyé à la Intermediate Reformatory for Young Men, une maison de correction située à Algoa, près de Jefferson City. Durant son séjour, il s'adonne à la boxe et participe à un groupe de chant. Il en ressort le jour de son vingt-et-unième anniversaire, en 1947.

Charles Berry se marie, le 28 octobre 1948, avec Theretta Suggs, dite « Toddy ». Leur fille, Darlin Ingrid Berry, naît le 3 octobre 1950. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Berry prend divers emplois à Saint-Louis : ouvrier dans deux usines automobiles, concierge de l'immeuble où il vit. Il suit brièvement des cours de cosmétologie avec ses soeurs au Poro College of Cosmetology fondé par Annie Malone (en). Sa situation financière est suffisamment bonne pour lui permettre d'acheter une petite maison sur Whittier Street en 1950, qui figure au National Register of Historic Places depuis 2008.

Afin d'arrondir ses fins de mois, Berry joue dans les bars et les boîtes de nuit de Saint-Louis avec des groupes locaux. Il joue du blues depuis qu'il est adolescent, empruntant les riffs et l'attitude de T-Bone Walker. Son style de guitare est également influencé par son ami Ira Harris, qui lui donne des leçons. Il se produit avec le trio du pianiste Johnnie Johnson à partir de 1953. Le trio joue principalement du blues et des ballades, mais Berry décide d'intégrer des chansons de country à leur répertoire. Ce genre, particulièrement populaire chez les blancs de la région, suscite d'abord la surprise dans leur public en majorité noir, mais il attire peu à peu un public plus diversifié.

Premiers succès chez Chess Records (1955-1962)

Chuck Berry se rend à Chicago en mai 1955. Il y fait la connaissance de Muddy Waters, qui lui conseille d'entrer en contact avec Leonard Chess, le co-fondateur de la maison de disques Chess Records. Leonard Chess, conscient que le marché du rhythm and blues se réduit, cherche à diversifier ses productions. Ce n'est donc pas le blues de Berry qui l'intéresse, mais une chanson plus inattendue : sa reprise de Ida Red (en), une chanson country de Bob Wills. Le 21 mai 1955, Berry enregistre sa version de Ida Red, rebaptisée Maybellene, avec Johnnie Johnson au piano, Jerome Green (du groupe de Bo Diddley) aux maracas, Jasper Thomas à la batterie et Willie Dixon à la contrebasse. Le single se vend à plus d'un million d'exemplaires et atteint la première place du classement rhythm and blues du magazine Billboard. À la fin du mois de juin 1956, Roll Over Beethoven se classe no 29 du hit-parade, et Chuck Berry participe à la tournée « Top Acts of '56 », durant laquelle il se lie d'amitié avec Carl Perkins. Fin 1957, il participe à une autre tournée, « Biggest Show of Stars for 1957 », organisée par Alan Freed, aux côtés des Everly Brothers et de Buddy Holly, entre autres.

Entre 1957 et 1959, Chuck Berry produit une douzaine de singles à succès, dont quatre qui se classent dans le top 10 des ventes : School Days (mars 1957), Rock and Roll Music (septembre 1957), Sweet Little Sixteen (janvier 1958) et Johnny B. Goode (mars 1958). Il apparaît dans les films Rock Rock Rock (1956) et Go, Johnny, Go! (1959), avec un petit rôle dans le second. À la fin de la décennie, il est devenu une véritable vedette. Il ouvre une boîte de nuit à Saint-Louis, le Berry's Club Bandstand, et investit dans l'immobilier.

En décembre 1959, Berry est arrêté pour violation du Mann Act (en) : il aurait eu des rapports sexuels avec une jeune Apache de 14 ans après lui avoir fait franchir une frontière d'État pour la faire travailler dans sa boîte de nuit. Au terme d'un procès de deux semaines, il est reconnu coupable en mars 1960 et condamné à cinq années de prison, ainsi qu'à verser une amende de 5 000 dollars. Il fait appel, estimant que l'attitude raciste du juge a influencé le jury en sa défaveur. Le second procès, qui prend place en mai-juin 1961, le condamne à nouveau à trois ans de prison. Un deuxième appel échoue et Berry est incarcéré de février 1962 à octobre 1963. Bien qu'il ait continué à enregistrer des chansons et donner des concerts pendant ces procès, sa popularité en souffre et les ventes de ses singles s'en ressentent.

Nouveaux succès, entre Chess et Mercury (1963-1979)

À sa sortie de prison, Chuck Berry bénéficie d'un regain de popularité grâce aux groupes anglais de la British Invasion, qui ont publié des reprises de ses chansons : les Beatles enregistrent Roll Over Beethoven sur leur deuxième album, tandis que Come On est la face A du premier single des Rolling Stones. D'autres groupes s'en sont fortement inspirés, comme les Beach Boys, dont le tube Surfin' U.S.A. (1963) reprend la mélodie de Sweet Little Sixteen. Berry publie huit singles en 1964-1965, dont trois se classent dans le top 20 : No Particular Place to Go (en) (une nouvelle version humoristique de School Days), You Never Can Tell et Nadine (en). Il change de maison de disques en 1966, quittant Chess pour Mercury Records. Il enregistre cinq albums chez Mercury, dont son premier live, Live at the Fillmore Auditorium, sur lequel il est accompagné par le Steve Miller Band.

Les concerts de Chuck Berry restent particulièrement appréciés, malgré son comportement parfois difficile, il lui arrive de parler longuement entre les morceaux, ainsi que de changer ses paroles dans d'imprévisibles improvisations, comme beaucoup de poètes le font[réf. nécessaire]. Sa tournée au Royaume-Uni en janvier 1965 est ainsi marquée par des performances parfois « médiocres », et sa méthode de travail, qui consiste à faire appel à des groupes locaux sans répéter avec eux avant les concerts, nuit à sa réputation dans le métier, tout comme son refus de toute négociation de contrat. Sur le sol américain, il se produit lors de grands festivals, comme le Schaefer Music Festival (en), à Central Park, en juillet 1969, ou le Toronto Rock and Roll Revival Festival, au mois d'octobre.

Chuck Berry retourne chez Chess Records en 1970. En dépit d'une campagne tentant vainement de la faire interdire de diffusion à la BBC, My Ding-a-Ling décroche le no 1 du Hit-Parade au Royaume Uni et aux États-Unis, en 1972, son seul no 1 parmi une quarantaine de titres apparus aux classements des Charts anglais ou américains durant sa carrière. Il s'agit d'une chanson amusante, « le sous-entendu est au pire, du niveau des cartes postales de bord de mer, ou de l'humour au music-hall » , dira le patron de la BBC ; pour Yves Bigot le titre est « carrément pornographique et musicalement inattendu[e] ».

Son single suivant, Reelin' and Rockin' (en), marque sa dernière apparition dans le top 40 en tant qu'interprète. Ces deux chansons figurent sur l'album The London Chuck Berry Sessions, enregistré à Londres dans la foulée du succès d'albums similaires de Howlin' Wolf et Muddy Waters. Le contrat de Berry avec Chess prend fin en 1975 avec un album simplement intitulé Chuck Berry (en). Quatre ans plus tard, Atco Records publie Rock It (en), le dernier album studio de Chuck Berry avant 2017.

Sur la route (1979-2017)

Tout au long des années 1970, Berry tourne « seul, sans manager ni musicien », dans sa Cadillac, avec sa seule guitare Gibson, confiant dans le fait de trouver sur place un groupe connaissant sa musique, et capable de le suivre sans avoir répété avant. Ces concerts, qui s'inscrivent dans le mouvement oldies, dépendent fortement de la qualité du groupe du moment et nuisent à la réputation du chanteur, aliénant ses anciens fans sans lui en gagner de nouveaux. Son concert le plus notable de la décennie est celui qu'il donne le à la Maison-Blanche, à la demande du président Jimmy Carter.

La fin des années 1970 est marquée par de nouveaux problèmes avec la justice : l'IRS accuse Berry, qui se fait généralement payer en liquide à chaque concert, d'évasion fiscale. Le chanteur plaide coupable et se voit condamné à quatre mois de prison et 1 000 heures de travaux d'intérêt général, qui se traduisent par des concerts de bienfaisance.

Berry continue à donner entre 70 et 100 concerts par an tout au long des années 1980. En 1986, le cinéaste Taylor Hackford réalise le film-documentaire Hail! Hail! Rock 'n' Roll, entièrement consacré aux concerts organisés par Keith Richards pour célébrer le soixantième anniversaire de Chuck Berry. « Berry, homme de scène cabotin et conquérant, arbore fièrement sa guitare Gibson ES-335 rouge », notamment entouré du pianiste Johnnie Johnson (son mentor des premiers jours), du batteur Steve Jordan et des guitaristes Eric Clapton, Robert Cray, ainsi que des chanteuses Etta James et Linda Ronstadt et de Keith Richards lui-même. La même année, il fait partie des premiers musiciens intronisés au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland, dans l'Ohio.

À la fin des années 1980, Chuck Berry rachète un restaurant à Wentzville, dans le Missouri, le Southern Air. En 1990, plusieurs femmes l'accusent d'avoir placé des caméras dans les toilettes des femmes. L'affaire est réglée à l'amiable, le propriétaire versant aux 59 plaignantes une somme non communiquée, mais que son biographe Bruce Pegg estime à environ 1,2 million de dollars, sans compter les frais de justice.

Après l'an 2000, il donne une série de concerts qui rencontrent un vif succès, remplissant les salles européennes. Il se produit également un mercredi par mois au Blueberry Hill, un restaurant de Saint-Louis. Le , âgé de 84 ans, l'artiste très fatigué doit interrompre une prestation à Chicago, après avoir donné un concert erratique. En octobre 2016, à l'occasion de ses 90 ans, il annonce son retour avec un nouvel album, Chuck (en).

Mort

La police du comté de Saint Charles (Missouri) est appelée, le , à 12 h 40 heure locale, pour une urgence médicale au domicile de Chuck Berry à Wentzville. Après des tentatives de réanimation infructueuses, le chanteur est déclaré mort à 13 h 26 par les secours.

Discographie

Style

Chuck Berry est l'un des pionniers du rock and roll, aussi bien en termes de musique que d'attitude. Dans ses chansons les plus célèbres des années 1950, Maybellene, Roll Over Beethoven, Rock and Roll Music et Johnny B. Goode, il développe le rhythm and blues dans la direction qui sera celle du rock and roll, avec des solos de guitare et des paroles qui parlent de danse, de voitures et de la vie scolaire, autant de sujets qui s'adressent directement aux adolescents. Ses chansons sont de véritables petites histoires construites autour d'un riff de guitare, un modèle suivi par de nombreux auteurs-compositeurs de rock par la suite. Ses chansons ont été reprises par de nombreux artistes, dans des genres très variés.

Sans être extraordinairement technique, Berry possède un jeu de guitare unique, clair et excitant, influencé par Carl Hogan (en) et T-Bone Walker,. Son attitude sur scène influence également de nombreux guitaristes. Il est notamment l'inventeur du duckwalk, un mouvement qui s'effectue avec les genoux pliés, parfois avec une jambe en l'air.

Hommages et distinctions

  • En 1977, Johnny B. Goode est choisi pour être emporté par la sonde Voyager I sur le Voyager Golden Record. C'est le seul titre rock'n'roll gravé sur ce disque contenant des sons et des images, afin de présenter à d'éventuels êtres extraterrestres la quintessence de la production vivante sur Terre (sous forme d'un inventaire des Arts et des Sciences),.
  • En 1984, Chuck Berry reçoit le Grammy du couronnement d'une carrière.
  • En 1986, il fait partie des premiers musiciens intronisés au Rock and Roll Hall of Fame.
  • En 2000, il reçoit le Kennedy Center Honors.
  • En 2003, Rolling Stone Magazine l'a classé 6e meilleur guitariste de tous les temps et 25e plus grand chanteur de tous les temps.
  • Il est également classé 7e sur la liste des 10 plus grands joueurs de guitare électrique de tous les temps par le magazine Time en 2009.
  • En 2014, il reçoit le prix Polar Music.

Matériel

Voici une liste du matériel le plus souvent employé par Chuck Berry :

  • Gibson Les Paul Goldtop (à cordier trapèze) 1952
  • Gibson Byrdland ES 5 (trois micros) 1951
  • Gibson ES 350

À partir de 1958, Chuck Berry utilise presque exclusivement des Gibson ES-335 :

  • Gibson ES-335 standard
  • Gibson ES-335 T sunburst 1958
  • Gibson ES-335 (à cordier trapèze) 1960
  • Gibson ES-335 rouge TDC

Publication

  • (en) Chuck Berry, Chuck Berry: The Autobiography, Simon & Schuster, (ISBN 0-671-67159-6).

Références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Chuck Berry » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie

  • (en) Bruce Pegg, Brown Eyed Handsome Man: The Life and Hard Times of Chuck Berry, Routledge, (ISBN 0-415-93751-5).

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale de la Diète ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat
  • (en) Site officiel
  • Entretien, RollingStone[1]

Didier Barbelivien

Didier Barbelivien, né le à Paris , est un auteur-compositeur-interprète français.

Carrière

Didier Barbelivien est élevé au Congo où son père fait de l'import-export de bestiaux, avant d'arriver en France à six ans.

Il a tout juste 16 ans lorsqu’il commence à écrire de nombreuses chansons ; certains de ses textes feront l’objet d’adaptations de chansons à succès, comme Méditerranéenne qui est une reprise de la chanson L'Italiano de Toto Cutugno[réf. nécessaire].

En 1978, il écrit la chanson Il y aura toujours des violons, (composée par Gérard Stern) pour Joël Prévost, représentant la France au Concours Eurovision de la chanson se déroulant à Paris. Prévost se classa troisième sur vingt pays.

Didier Barbelivien connaît le succès comme chanteur, d’abord en solo dès les années 1980 avec Elle, qui devient la 19e meilleure vente de l'année 1980 en France, puis en duo en 1990 avec Félix Gray, avec notamment les chansons À toutes les filles (reprise de la version de Julio Iglesias et Willie Nelson de To all the girls I've loved before) et Il faut laisser le temps au temps qui occuperont la première place du Top 50,. En 1993, Didier Barbelivien surprend son public en revenant sur le devant de la scène avec une fresque historique Vendée 93, inspirée du roman de Victor Hugo Quatre-vingt-treize. La chanson Les mariés de Vendée, interprétée avec Anaïs est encore aujourd’hui l’un de ses plus grands succès.

En 1995, il écrit et compose avec François Bernheim la chanson Il me donne rendez-vous pour Nathalie Santamaria représentant la France au Concours Eurovision de la chanson. Elle s'est classée quatrième sur vingt-trois pays. L’année suivante, il signe tous les textes du spectacle musical Les enfants du soleil qui restera plusieurs semaines à l’affiche du Dôme à Marseille.

Didier Barbelivien publie ensuite Envoie les clowns en 2005, adaptation de Send In The Clowns, chanson américaine de Glynis Johns, écrite et composée par Stephen Sondheim, extraite de la comédie musicale A Little Night Music, et chanté entre autres par Frank Sinatra. En 2007 sort États des Lieux, un album qui lui donne l’envie (pour la première fois de sa carrière) de monter sur scène, passant notamment par l’Alhambra en janvier 2012 avant de continuer une tournée en France.

Son album Atelier d’Artistes, sorti en septembre 2009 dans lequel il revisite les plus grandes chansons qu’il a écrites pour les autres, est certifié disque de platine. Cette même récompense lui est remise pour l'album Mes préférences (2011), dans lequel il rend hommage à tous les artistes qu’il admire en dressant quelques magnifiques portraits « à la manière de ». La chanson Jean de France, dédiée à Jean Ferrat est devenue une pièce maîtresse du répertoire de l’artiste et connaît un triomphe à chacun de ses concerts. En juin 2012 est paru un best of de trois CD reprenant ses plus grands succès mais aussi deux inédits, La montagne et Que serais-je sans toi en duo avec Natasha St Pier.

Didier Barbelivien prépare un nouveau spectacle musical Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison-Rouge, co-écrit avec Antoine Rault, une adaptation du Chevalier de Maison-Rouge, d’après le roman historique d’Alexandre Dumas. Le premier single La France sorti début 2015 est interprété par les premiers rôles de la comédie musicale : Kareen Antonn, Mickaël Miro, Slimane et Valentin Marceau. Ce spectacle a été annoncé à plusieurs reprises : 2015, 2016, 2017, mais le projet a été ajourné.

Titres écrits pour d'autres artistes

Parmi les principaux titres écrits pour d'autres artistes, on peut citer L'été s'ra chaud et la bande originale de Albator et de San Ku Kaï (pour Éric Charden), Mon Italie, Pour te dire je t'aime, Là où je t'aime, C'était mon ami, Reviens-moi, Parce que je ne t'aime plus, Salut Salaud, Une femme à quarante ans (pour Dalida), Petite fille du soleil (pour Christophe), Et tu danses avec lui (pour C. Jérôme), Gina et Est-ce que tu viens pour les vacances ? (pour David et Jonathan), Un roman d'amitié (pour Elsa et Glenn Medeiros), Je te survivrai (pour Jean-Pierre François), Elle m'oublie (pour Johnny Hallyday), Mon mec à moi et Mademoiselle chante le blues (pour Patricia Kaas), Elle préfère l'amour en mer et Il tape sur les bambous (pour Philippe Lavil), Michèle (pour Gérard Lenorman), 28° à l'ombre (pour Jean-François Maurice), Les sunlights des tropiques et On va s'aimer (pour Gilbert Montagné), "J'étais un ange" (pour Michel Delpech), Nice baie des anges (pour Dick Rivers), Quand je t'aime et Loin des yeux, loin du cœur (pour Demis Roussos), Rouge, Les Yeux d'un animal, Le Privilège, La Rivière de notre enfance (pour Michel Sardou), Le tam-tam du vent (pour Sheila), Reviens, Je l'aime tant et Méditerranéenne (pour Hervé Vilard) et La Religieuse (pour Céline Dion).

Discographie

Principales chansons

  • Être César
  • Elle
  • Elsa
  • Vive le Roy
  • À toutes les filles avec Félix Gray (1990)
  • Il faut laisser le temps au temps avec Félix Gray
  • E vado via avec Félix Gray
  • Les Mariés de Vendée avec Anaïs
  • Quitter l'autoroute avec Anaïs
  • C'est de quel côté la mer
  • Là où je t'aime
  • Chanteur de slow
  • Puy du fou
  • Jean de France
  • Baobab

Albums

  • 2001 : Chanteur français
  • 1997 : Yesterday les Beatles
  • 1995 : Que l'amour
  • 1994 : Quitter l'autoroute (avec Anaïs)
  • 1992 : Vendée 93
  • 1991 : Les Amours cassées (avec Félix Gray)
  • 1989 : Des mots d'émotion
  • 1987 : Peut-être toi, peut-être une autre
  • 1985 : C'est de quel côté la mer ?
  • 1982 : Elsa
  • 1980 : Elle

Radio

  • 1990 : il a composé et écrit des textes de jingles pour la radio Europe 2.
  • été 2016 : Les Etoiles d'Europe 1 le dimanche de 11h à 12h

Bibliographie

  • Rouge Cabriolet, roman, Fixot, 1991.
  • Léo Ferré, la chanson du bien-aimé (avec Dominique Lacout), Éditions du Rocher, 1993.
  • Poetic Graffiti, Fixot, 1997.
  • Je me souviens de tout, XO éditions, 2010.

Opinions politiques

Didier Barbelivien est royaliste,. Il a par ailleurs exprimé en 2010 son soutien à Nicolas Sarkozy, et de nouveau en 2016.

Notes et références

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? WorldCat
  • Site officiel
  • (en) Didier Barbelivien sur l’Internet Movie Database
  • Didier Barbelivien sur Allociné

George Michael

Georgios Kyriacos Panayiotou, connu sous le nom de scène de George Michael, est un auteur-compositeur-interprète britannique, né le à Londres et mort le à Goring-on-Thames.

En 2009, il a vendu plus de 100 millions de disques durant sa carrière et a à son actif onze singles et sept albums no 1 dans les charts britanniques, et six singles no 1 aux États-Unis.

Biographie

Les premières expériences musicales de Georgios Kyriacos Panayiotou

Le vrai nom de George Michael est Georgios Kyriacos Panayiotou. Son père, Kyriacos Panayiotou, est né à Chypre. Il émigre en Grande-Bretagne dans les années 1950 et se fait appeler Jack Panos. En Angleterre, Jack Panos obtient un travail de serveur dans un restaurant, puis il crée sa propre entreprise de restauration. Il se marie avec une danseuse anglaise du nom de Lesley Angold Harrison. Le couple a trois enfants : Yioda, Melanie et Georgios, qui est né le à Londres, dans le quartier d'East Finchley. En 1974, la famille Panayiotou déménage dans le comté londonien d'Hertfordshire. Le jeune Georgios entre à l'école Bushey Meads de Bushey. Il y rencontre Andrew Ridgeley qui devient son ami et qui le surnomme « Yog ». Les deux adolescents fréquentent les discothèques londoniennes et, avec leur ami David Mortimer - plus tard connu sous le nom de David Austin - ils reprennent des titres des Beatles, de David Bowie ou d'Elton John dans le métro de Londres. À l'issue de leur scolarité, George Panayiotou, Andrew Ridgeley et David Mortimer décident de fonder leur propre groupe de musique. Pendant l'été 1979, les trois amis créent The Executive, accompagnés de Paul Ridgeley, le frère d'Andrew, et d'Andrew Leaver. Ce groupe est inspiré par la musique ska des formations anglaises comme The Specials ou Madness. The Executive enregistre quelques chansons pour une maquette, notamment un morceau composé par George Panayiotou et David Mortimer intitulé Rude Boy. Les membres de The Executive présentent leur maquette à des responsables de maisons de disques de Londres, mais elle est refusée. Au même moment, Andrew Leaver meurt d'un cancer à l'âge de vingt ans et David Mortimer quitte l'Angleterre. En 1980, l'expérience de The Executive est alors terminée. Mais George Panayiotou et Andrew Ridgeley veulent continuer de travailler dans la musique.

Les débuts de Wham! (1981-1983)

En 1981, George Panayiotou a dix-huit ans. Il travaille comme disc-jockey dans un restaurant, puis comme employé dans un cinéma. Andrew Ridgeley est au chômage. Pendant leur temps libre, les deux jeunes hommes écrivent des chansons. Dans un transport en commun, George Panayiotou imagine un morceau qu'il intitule Careless Whisper,. Des années plus tard, le chanteur anglais se rappelle encore comment cette chanson a été écrite : « Je me souviens que j'ai composé Careless Whisper en allant travailler (j'étais DJ au restaurant Bel Air). J'ai toujours écrit dans des autobus, des trains et des voitures. [?] Pour Careless Whisper, je me rappelle exactement quand j'en ai eu l'idée et à quel endroit j'ai pensé à la partie de saxo. » Au restaurant où il est DJ, George Panayiotou teste son titre auprès du public, qui semble bien l'accueillir. George Panayiotou et Andrew Ridgeley constituent alors une maquette de leurs compositions et y incluent Careless Whisper, ainsi que Wham Rap!, Club Tropicana et Come On. Comme au temps de The Executive, George Panayiotou et Andrew Ridgeley soumettent leur maquette à des maisons de disques, en prenant le nom de « Wham! », le titre de l'une de leurs chansons,. Mark Dean, le responsable du label indépendant Innervision Records, distribué par CBS Records, écoute la maquette et offre un contrat à Wham!. George Panayiotou et Andrew Ridgeley le signent sans hésiter le 24 mars 1982. Trois mois plus tard, ils sortent leur premier single : Wham Rap! (Enjoy What You Do). Dans cette chanson, le groupe évoque notamment le chômage des jeunes dans l'Angleterre de Margaret Thatcher. C'est à cette période que George Panayiotou décide de changer son nom de famille pour s'appeler George Michael. Le jeune artiste se produit dans des discothèques avec Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Amanda Washburn, plus tard remplacée par Dee C. Lee. En septembre 1982, Wham! sort un deuxième single intitulé Young Guns (Go for It). Grâce à son passage dans l'émission de télévision de BBC One Top of the Pops le 4 novembre 1982, le groupe réussit à placer Young Guns (Go for It) à la 3e place du hit-parade anglais,. Après ce succès, Wham! sort un troisième single composé par George Michael, intitulé Bad Boys. La chanson se classe no 2 en Grande-Bretagne et entre dans le hit-parade américain. George Michael et Andrew Ridgeley apparaissent dans le clip de la chanson habillés en « mauvais garçons ». Quelques années plus tard, George Michael déclare qu'« il y avait un côté très blagueur dans [ses] premiers titres. » En juillet 1983, le premier album de Wham! est en préparation et le groupe sort son quatrième single : Club Tropicana. Le groupe semble aborder des sujets plus légers et tourne son clip sur les plages d'Ibiza. Club Tropicana se vend à 400 000 exemplaires et fait connaître Wham! en France,. À la même période, Wham! sort son premier album : Fantastic. Il est produit par Steve Brown, Bob Carter et George Michael. Fantastic se hisse à la première place du UK Albums Chart pendant deux semaines et arrive à la 83e place du Billboard 200 aux États-Unis,. Don Shewey du magazine Rolling Stone donne un avis contrasté sur l'album. Toutefois, il apprécie le titre Nothing Looks the Same in the Light, qui lui fait penser à un air des Bee Gees et sur lequel George Michael joue de tous les instruments. Après la sortie de leur album pendant l'été 1983, les membres de Wham! entament leur première tournée en Angleterre. À la fin de l'année 1983, CBS Records ne renouvelle pas le contrat de Wham! avec Innervision et fait signer le groupe chez le label Epic. Au même moment, la chanteuse et danseuse Dee C. Lee quitte le groupe et Pepsi Demacque la remplace. Wham! s'apprête bientôt à confirmer son succès.

Le succès de Wham! (1984-1985)

En 1984, George Michael écrit une nouvelle chanson qui s'intitule Wake Me Up Before You Go-Go. Au mois de mai, elle sort en single et fait connaître le groupe Wham! internationalement. En effet, la chanson se classe en bonne position dans les hit-parades en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Norvège ou encore en Australie,,. Au Royaume-Uni, elle est no 1 pendant deux semaines. Les sonorités dance-pop et parfois soul de Wake Me Up Before You Go-Go font penser à la musique du label Motown,. D'ailleurs, George Michael se dit influencé par la musique soul, particulièrement par celle de Marvin Gaye. Le clip de Wake Me Up Before You Go-Go amplifie la célébrité de Wham!. Dans ce clip, les membres du groupe dansent sur une scène de concert en shorts fluorescents et portent des tee-shirts blancs avec l'inscription « Choose Life ». En 2016, un journaliste du Monde constate que « dans une Grande-Bretagne, marquée par la noirceur post-punk, Wham! symbolise une jeunesse cherchant à s'échapper dans des danses plus colorées. » Avec Wake Me Up Before You Go-Go, Wham! parvient à tirer son épingle du jeu et rivalise avec les autres groupes de pop anglais de l'époque : Duran Duran, Culture Club et Frankie Goes to Hollywood.

Mais George Michael commence à prendre une certaine indépendance par rapport à Wham!. Au cours de l'été 1984, George Michael part seul à Miami pour tourner le clip de Careless Whisper, la chanson qu'il a coécrit avec Andrew Ridgeley en 1981. Careless Whisper sort d'ailleurs comme un single de George Michael, et non comme un disque de Wham!. La ballade de George Michael se vend à 1 million d'exemplaires au Royaume-Uni. Le 16 mars 1985, le jeune chanteur interprète Careless Whisper sur le plateau de l'émission française Champs-Élysées, présentée par Michel Drucker. À la même époque, George Michael affirme encore son indépendance en composant et en produisant la chanson Turn to Gold pour son ami d'enfance David Mortimer-Austin. Il participe aussi aux chœurs de la chanson The Last Kiss de David Cassidy. Mais les membres de Wham! ne sont pas en train de se séparer. En octobre 1984, le groupe sort son deuxième album, Make It Big, et connaît un succès public mondial. Wham! a enregistré cet album au studio Miraval, dans le Var, en France. Pour promouvoir Make It Big, le groupe sort le single Freedom, puis Everything She Wants, deux titres écrits et produits par George Michael. Après leur tournée américaine, Wham! a l'opportunité de jouer en Chine. En avril 1985, Wham! donne un concert à Pékin et à Canton et devient le premier groupe occidental à se produire dans la Chine communiste. Le réalisateur Lindsay Anderson a filmé le groupe dans le pays et en a fait un documentaire intitulé Wham! in China: Foreign Skies. À Noël 1985, Wham! sort la chanson Last Christmas, qui n'est pas présente sur son nouvel album et qui est un succès commercial,. Un an auparavant, Wham! avait déjà participé à un chant de Noël en intervenant sur la chanson Do They Know It's Christmas? du collectif Band Aid, créé par Bob Geldof afin de récolter des fonds pour la famine en Éthiopie. En juillet 1985, Wham! participe au concert caritatif Live Aid et interprète Don't Let the Sun Go Down on Me aux côtés d'Elton John. En janvier 1985, George Michael avait déjà collaboré avec Elton John en dehors de Wham!. Il avait participé aux chœurs des chansons Nikita et Wram Her Up pour l'album Ice on Fire. Ainsi, même si George Michael est toujours membre de Wham!, il a déjà entamé plusieurs collaborations artistiques en solitaire. La séparation du groupe s'annonce imminente.

La séparation de Wham! (1985-1986)

L'année 1985 est fructueuse pour Wham! : le groupe gagne le prix du meilleur groupe britannique aux Brit Awards. Mais George Michael, qui a remporté le prix Ivor Novello du meilleur compositeur cette année-là, souhaite véritablement mener une carrière en soliste,. « Je ne veux pas que Wham! devienne un mensonge », déclare George Michael à cette période. En novembre 1985, alors que Wham! sort le single I'm Your Man qui se classe 1er au Royaume-Uni, le groupe décide de se séparer,. Wham! prépare alors son concert d'adieu et la sortie de son dernier album. George Michael veut être perfectionniste : « Je voulais bien terminer [?] J'en arrivai à la conclusion que la meilleure preuve à donner au public était un très bon disque et un excellent concert. » Avant la sortie du dernier album de Wham!, George Michael sort en avril 1986 un deuxième single en solitaire : A Different Corner. Cette chanson, beaucoup plus épurée que Careless Whisper, se classe en première position du hit-parade anglais pendant trois semaines. En juin 1986, Wham! sort au Royaume-Uni son dernier album intitulé The Final. Il rassemble des titres inédits, comme The Edge of Heaven, avec des anciens singles du groupe. En juillet 1986, Wham! sort son album outre-Manche sous le titre Music from the Edge of Heaven. Il ne contient cette fois que les nouveaux titres du groupe. Dans sa critique de l'album, David Fricke de Rolling Stone écrit que « George Michael est définitivement prêt à devenir le nouveau Elton John des années 1980. » Le 28 juin 1986, Wham! donne son dernier concert au stade de Wembley, à Londres, devant 72 000 spectateurs. George Michael, Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Pepsi Demacque sont réunis sur scène pour la dernière fois. Elton John et Simon Le Bon se produisent avec eux. Quand le groupe se sépare, Andrew Ridgeley se lance dans la compétition automobile. Pepsi et Shirlie forment un duo et remportent un succès avec la chanson Heartache,. En janvier 1987, George Michael s'affirme désormais comme un chanteur à part entière. Il chante I Knew You Were Waiting (For Me) avec Aretha Franklin et sa carrière est propulsée. En effet, le titre est no 1 au Royaume-Uni et aux États-Unis et George Michael reçoit un Grammy Award pour sa performance en duo,. La carrière en solo de l'artiste est lancée.

Faith : le succès international de George Michael (1987-1989)

En 1987, George Michael veut donner plus de crédibilité à sa carrière d'artiste et prépare un projet ambitieux. Il déclare vouloir en finir avec son image de « minet sans cervelle » que certains journaux lui attribuent depuis Wham!. En juin 1987, George Michael sort un single intitulé I Want Your Sex et gagne en notoriété. Les paroles sont très explicites, presque provocatrices, mais George Michael n'invite pas à la débauche. Au contraire, la chanson prône la monogamie et la fidelité en amour,. I Want Your Sex ressemble sur ce point à la chanson Kiss de Prince ou à Sexual Healing de Marvin Gaye. Le titre de George Michael se fait surtout remarquer pour son clip suggestif, où le chanteur apparaît notamment avec Kathy Jeung dans un lit,,. Au Royaume-Uni, la BBC censure le clip, tandis qu'aux États-Unis, MTV n'en diffuse qu'une partie. Mais la même année, le réalisateur Tony Scott n'hésite pas à ajouter I Want Your Sex dans une scène du Flic de Beverly Hills 2. La chanson de George Michael devient ensuite un tube : elle se classe troisième dans le hit-parade anglais et même deuxième aux États-Unis,. Avec I Want Your Sex, George Michael réussit à s'imposer dans le monde musical. Le 30 octobre 1987, le chanteur sort son premier album : Faith. Toutes les chansons sont composées par George Michael, hormis Look at Your Hands qui est coécrite avec son ami David Austin. Dans ses titres, qui parlent majoritairement d'amour, George Michael explore différents genres musicaux. Faith est un morceau rock, Father Figure contient des airs orientaux, la mélodie de One More Try est proche du gospel, Kissing a Fool est une ballade jazz et enfin, Hard Day est une chanson de synthpop, influencée par Sign o' the Times de Prince,. Au Royaume-Uni et en France, tous les singles entrent dans le hit-parade, ce qui contribue au succès de l'album,. Aux États-Unis, Faith, Father Figure, One More Try et Monkey sont classés no 1 aux côtés des titres de Michael Jackson et de Madonna. Depuis sa sortie en 1987, l'album Faith s'est vendu à 25 millions d'exemplaires,. En 2012, le magazine Rolling Stone le classe à la 472e place des 500 meilleurs albums de tous les temps. Faith est définitivement l'album qui a fait de George Michael une star internationale.

En 1988, le chanteur accroît sa célébrité en entamant une tournée mondiale intitulée Faith World Tour. George Michael donne ses premiers concerts en février au Japon et se produit une dernière fois en octobre en Floride. La star anglaise est aussi passée dans des salles de concerts françaises, à Paris et à Fréjus,. Le 11 juin 1988, George Michael participe également à un grand concert donné à Londres à l'occasion des 70 ans de Nelson Mandela. Le chanteur reprend trois chansons sur scène : Village Ghetto Land de Stevie Wonder, If You Were My Woman de Gladys Knight et Sexual Healing de Marvin Gaye. À la fin de l'année 1988, George Michael annule la fin de sa tournée à cause d'un kyste à la gorge. Mais cela n'empêche pas le chanteur d'être récompensé par plusieurs prix en 1989. Tout d'abord, George Michael reçoit de nouveau le prix Ivor Novello du meilleur compositeur et Faith le prix de la chanson internationale de l'année. Le chanteur est ensuite honoré du MTV Video Vanguard Award pour tous les clips des singles de Faith. George Michael est également récompensé par trois American Music Awards, dont le prix du meilleur artiste masculin pop-rock et du meilleur artiste masculin soul et R&B. Aux Grammy Awards, Faith est élu meilleur album de l'année 1988. Certains artistes noirs comme Gladys Knight ou le groupe Public Enemy pensent qu'il est injuste qu'un chanteur blanc gagne à la place de Bobby Brown ou de Michael Jackson,. Néanmoins, George Michael a réussi à s'imposer comme un artiste populaire et international.

Un artiste en quête de liberté (1990-1995)

Listen Without Prejudice, Vol. 1 : un album émancipateur

George Michael ne se contente pas du succès de Faith. Dès le début de l'année 1990, il se remet au travail et compose de nouvelles chansons. Un album en deux volumes est alors envisagé. Listen Without Prejudice, Volume 1 sort en septembre 1990 sous le label Epic. George Michael explique le choix de ce titre par le fait que la musique, de façon générale, doit être écoutée sans préjugé racial,. Le chanteur ne souhaite faire aucune promotion pour son nouvel album. Il veut laisser de côté son statut de star pour n'être reconnu que pour sa musique,. Cependant, George Michael accepte de donner quelques interviews, notamment à Melvyn Bragg, qui réalise un documentaire sur le chanteur avec Alan Benson pour BBC et CBS. À la même période, George Michael coécrit avec Tony Parsons son autobiographie, qui s'intitule Bare,. Mais George Michael ne veut pas jouer avec sa célébrité. Il n'apparaît pas sur la pochette de son nouvel album Listen Without Prejudice, Vol. 1, qui est illustré par la photographie Crowd at Coney Island prise par Weegee en 1940,. George Michael ne se met pas non plus en scène dans les clips de ses singles Praying for Time et Freedom! '90, qui est réalisé par David Fincher et qui rassemble les mannequins Linda Evangelista, Naomi Campbell, Christy Turlington, Cindy Crawford et Tatjana Patitz,. Par ailleurs, les chansons de Listen Without Prejudice, Vol. 1 sont différentes, parfois plus engagées, que celles de l'album Faith. Praying for Time est une chanson sobre sur l'indifférence face à la misère, qui peut rappeler certaines ballades de John Lennon,. Elle se classe no 1 au hit-parade américain. Mother's Pride évoque le départ d'un enfant à la guerre. Cowboys and Angels est un morceau jazz, accompagné par le saxophoniste anglais Andy Hamilton. George Michael reprend également, avec une certaine gravité dans sa voix, They Won't Go When I Go de Stevie Wonder. Listen Without Prejudice, Vol. 1 contient aussi des titres à la guitare, presque folk, comme Something to Save, Waiting for That Day, Heal the Pain et Waiting (Reprise). Enfin, avec Freedom! '90 et Soul Free, George Michael signe deux chansons soul. James Hunter de Rolling Stone pense que dans les paroles de la chanson Freedom! '90, George Michael se montre « prêt à échanger à tout prix ses lunettes de soleil d'idole de la pop pour une reconnaissance dans le rock & roll. » En effet, George Michael veut rompre avec son image de star et être libre,. Frank Sinatra lui écrit alors une lettre ouverte dans le Los Angeles Times et lui dit de ne pas gâcher son talent en refusant la célébrité. Mais George Michael exerce pleinement sa liberté sur scène, pendant sa tournée intitulée Cover to Cover, où il interprète très peu de titres de son nouvel album. Pendant les concerts qu'il donne dans le monde en 1991, George Michael reprend notamment Fame de David Bowie, Back to Life (However Do You Want Me) de Soul II Soul, Ain't No Stoppin' Us Now de McFadden & Whitehead et fait un medley de Killer d'Adamski et Seal avec Papa Was a Rollin' Stone des Temptations,. Le 23 mars 1991, Elton John rejoint George Michael sur la scène du stade de Wembley, à Londres, pour interpréter ensemble Don't Let the Sun Go Down on Me, un titre qu'ils avaient déjà repris en 1985,. La chanson sort en single en 1991 et se classe première dans de nombreux pays. George Michael et Elton John donnent un demi-million de dollars de recettes à la recherche contre le sida,. Pendant la tournée Cover to Cover, George Michael reprend un autre titre d'Elton John intitulé Tonight, qui est enregistré pour l'album Two Rooms: Celebrating the Songs of Elton John & Bernie Taupin qui rend hommage à Elton John et à son compositeur Bernie Taupin. Au cours de sa tournée, George Michael chante également des tubes de Wham!. Le 25 et 27 janvier 1991, le chanteur se produit au festival Rock in Rio au Brésil et invite Andrew Ridgeley sur scène pour reprendre I'm Your Man,. Un an auparavant, George Michael aide son ami pour son come-back musical. En effet, Andrew Ridgeley sort un album intitulé Son of Albert et George Michael intervient sur les chœurs de la chanson Red Dress,. En février 1991, Listen Without Prejudice, Vol. 1 gagne le prix du meilleur album britannique aux Brit Awards. Même si cet album se hisse à la première place du hit-parade anglais pendant une semaine et à la deuxième place du Billboard 200 aux États-Unis, Listen Without Prejudice, Vol. 1 n'obtient pas le même succès commercial que Faith,,. En effet, Listen Without Prejudice, Vol. 1 s'est vendu à 7 millions d'exemplaires. Dès lors, les relations entre George Michael et sa maison de disque CBS Records se détériorent,.

George Michael contre Sony : un artiste face à l'industrie musicale

Le conflit entre George Michael et sa maison de disque s'amplifie quand CBS Records est racheté par la compagnie japonaise Sony en 1988 et devient Sony Music Entertainment en 1991. En effet, George Michael est déçu par la façon dont Sony gère sa carrière et ses droits d'auteurs et le chanteur souhaite mettre fin à son contrat Mais les responsables de Sony ont l'intention d'obliger George Michael à honorer son contrat, que le chanteur a signé en 1982. Sony accuse en retour George Michael d'être responsable des faibles ventes de Listen Without Prejudice, Vol. 1, car l'artiste a refusé d'en assurer la promotion. Le 30 octobre 1992, George Michael assigne Sony devant la Haute Cour de justice de Londres. En juin 1994, le juge Jonathan Parker ne considère pas le contrat du chanteur défavorable et donne raison à Sony,. En août 1994, George Michael et son avocat Tony Russell font appel du jugement. Mais entre 1994 et 1995, George Michael trouve un accord avec Sony et arrête la procédure judiciaire,. Le chanteur signe un contrat américain chez DreamWorks, récemment créé par David Geffen, Jeffrey Katzenberg et Steven Spielberg, et un contrat pour les autres pays avec Virgin Records,. Néanmoins, Sony Music détient toujours un pourcentage sur les ventes des prochains albums de George Michael et réclame la sortie d'une compilation des anciennes chansons de l'artiste, dont la compagnie possède encore les droits,. Entre 1995 et 1996, Prince est lui aussi en désaccord avec sa maison de disque Warner Bros. Records et se considère comme « esclave » des majors,

Un chanteur engagé dans la lutte contre le sida

Pendant cette période de procès avec Sony, entre 1992 et 1995, George Michael ne trouve plus l'énergie pour poursuivre l'écriture du deuxième volume de Listen Without Prejudice, qui n'existera pas,. Cependant, George Michael participe à plusieurs projets musicaux et caritatifs au cours de cette période. Le 24 novembre 1991, le chanteur anglais Freddie Mercury meurt du sida. Le 20 avril 1992, les membres de son groupe Queen organisent un concert à sa mémoire et invitent plusieurs artistes, dont George Michael. Devant les 72 000 spectateurs du stade de Wembley, George Michael et Queen reprennent trois chansons de Freddie Mercury : '39, These Are the Days of Our Lives accompagnés de Lisa Stansfield et Somebody to Love. En 1993, un EP intitulé Five Live regroupe deux chansons interprétées par George Michael et Queen lors du concert hommage à Freddie Mercury : Somebody to Love et These Are the Days of Our Lives avec Lisa Stansfield. Five Live contient également trois autres performances lives de George Michael, enregistrées pendant sa tournée Cover to Cover : Killer, Papa Was a Rollin' Stone et Calling You de Jevetta Steele. Les bénéfices de cet EP sont reversés à la fondation Mercury Phoenix Trust, qui aide les victimes du sida. Five Live se classe no 1 au hit-parade anglais pendant trois semaines. En 1992, George Michael participe à un autre projet caritatif, celui de la Red Hot Organization qui lutte contre le sida à travers la musique. L'organisation fait appel à George Michael pour participer à un album dance intitulé Red Hot + Dance. Trois morceaux du chanteur anglais, aux sonorités funk voire electro, sont inclus dans cet album : Too Funky, Do You Really Want to Know et Happy. Too Funky sort en single, avec le titre Crazyman Dance en face B, et se classe quatrième au hit-parade anglais en avril 1992 et dixième au hit-parade américain en août 1992,. Le styliste Thierry Mugler réalise le clip de Too Funky et met en scène les mannequins et actrices Linda Evangelista, Shana Zadrick, Eva Herzigova, Nadja Auermann, Emma Sjöberg, Estelle Lefébure, Tyra Banks et Rossy de Palma. Si le clip évoque celui de Freedom! '90, Thierry Mugler « a voulu montrer [avec Too Funky] l'opposition entre le paradis des podiums et l'enfer des coulisses », écrit le journaliste Anthony Vincent en 2015. George Michael apparaît furtivement dans le clip de Too Funky dans le rôle d'un cameraman. En 1996, George Michael collabore de nouveau avec la Red Hot Organization pour l'album Red Hot + Rio, dont les bénéfices sont reversés aux victimes du sida en Amérique latine. Cette fois, George Michael enregistre le titre Desafinado avec la chanteuse brésilienne Astrud Gilberto. George Michael a participé à de nombreux concerts caritatifs au profit de la lutte contre le sida. En octobre 1992, le chanteur intervient sur la scène du Madison Square Garden, à New York, pour The Elizabeth Taylor AIDS Foundation. En décembre 1993, George Michael fait partie des organisateurs du Concert of Hope pour la journée mondiale de lutte contre le sida, à Londres. Enfin, en 1995, George Michael et Elton John reprennent Don't Let the Sun Go Down on Me pour le concert de charité Commitment to Life à Los Angeles.

Une période difficile (1996-2000)

Older : George Michael en pleine maturité

Après l'expérience de Listen Without Prejudice, Vol. 1 et son procès contre Sony Music, George Michael entre dans une période de maturité artistique et individuelle. Pendant sa tournée à Rio en 1991, George Michael rencontre le Brésilien Anselmo Feleppa qui devient son compagnon. Anselmo Feleppa meurt des complications du sida le 26 mars 1993. Un an plus tard, George Michael compose une nouvelle chanson directement inspirée par le deuil de son ami : elle s'intitule Jesus to a Child. Les paroles de ce morceau évoquent la perte d'un être aimé, qui était aussi attentionné que Jésus-Christ avec les enfants. Cette référence est issue des Évangiles. Bien avant que Jesus to a Child ne sorte en single, George Michael interprète pour la première fois cette chanson le 24 novembre 1994, lors de la première édition des MTV Europe Music Awards à la porte de Brandebourg de Berlin,. Jesus to a Child ne sort en single qu'en janvier 1996, le temps que George Michael signe un nouveau contrat chez Virgin et DreamWorks. Le single atteint la première place du hit-parade anglais pendant une semaine. Il se hisse également à la septième place du hit-parade américain et se vend à plus de 100 000 exemplaire en France,. Une partie des bénéfices de Jesus to a Child a été reversée à Childline, un centre d'écoute qui aide les adolescents du Royaume-Uni. En mai 1996, George Michael sort sont troisième album intitulé Older, qui signifie « plus vieux », « plus âgé ». Cet album, qui marque une étape de maturité pour le chanteur, est dédié à deux brésiliens : Anselmo Feleppa et Antônio Carlos Jobim. Le premier, ancien compagnon de George Michael, a inspiré les paroles mélancoliques de Jesus to a Child et de You Have Been Loved. Le second, chanteur de bossa nova mort un an après Anselmo Feleppa, a pu influencer la tonalité jazz de l'album Older. En effet, la plupart des chansons de ce disque comme Older, Spinning the Wheel, To Be Forgiven et Move On sont des morceaux jazz sophistiqués. The Strangest Thing est un morceau plus électronique, devenu presque house suite à un remix en 1997. Fastlove et Star People sont deux chansons soul et R&B. Fastlove contient d'ailleurs un sample de Forget Me Nots de Patrice Rushen. George Michael joue de plusieurs instruments sur son album, dont il a lui-même signé les arrangements. Toutes les chansons ont été écrites par George Michael, hormis Spinning the Wheel, coécrite avec Jon Douglas, et You Have Been Loved, avec David Austin. Older est coproduit par Ægean, une société de production créée par George Michael avec son cousin Andros Georgiou. En 1987, George Michael collabore déjà avec son cousin en reprenant Jive Talkin' des Bee Gees pour son projet de groupe Boogie Box High. En 1997, George Michael produit la ballade Waltz Away Dreaming de Toby Bourke sous son label Ægean et chante en duo avec Toby Bourke sur ce titre. En 1996, George Michael produit et enregistre plusieurs chansons pour les faces B des singles de Older. « Sur le plan artistique, maintenant, je produis davantage ; je vais m'occuper des faces B et sortir tous les EP possibles des prochains singles d'Older pour que le public ait constamment de nouvelles chansons », déclare le chanteur. Ainsi, en face B de The Spinning the Wheel E.P. on trouve les titres You Know That I Want To, Safe et un remix de Spinning the Wheel. En face B du single Older, le chanteur inclut une reprise de I Can't Make You Love Me de Bonnie Raitt,. À la fin de l'année 1997, George Michael sort une édition limitée de Older intitulée Older & Upper. Elle inclut les faces B de The Spinning The Wheel E.P., ainsi que des nouvelles versions de Star People et The Strangest Thing et une deuxième partie de Fastlove.

Même si George Michael se consacre totalement à l'enregistrement et à la production de sa musique, il accepte de donner quelques interviews, dont une au journaliste français Éric Jean-Jean. George Michael accepte également de donner une interview moins conventionnelle au magazine The Big Issue, qui est vendu dans la rue par des sans-abri. En 1996, l'album Older s'est vendu à plus de 6 millions d'exemplaires. La même année, aux MTV Europe Music Awards, George Michael interprète Star People et remporte le prix du meilleur chanteur masculin. En 1997, George Michael gagne pour la troisième fois le prix Ivor Novello du meilleur compositeur. Pour promouvoir Older, George Michael se produit le 8 octobre 1996 dans la Broadcasting House de BBC Radio 1. Le 11 octobre 1996, George Michael réorchestre les titres de son nouvel album, ainsi que des anciennes chansons, à l'occasion d'un concert acoustique enregistré au 3 Mills Studios de Londres pour l'émission MTV Unplugged. Certains titres chantés pendant ce concert sont insérés dans The You Have Been Loved E.P. et dans le single de Star People '97,. Lesley, la mère du chanteur, est présente dans l'assistance pendant l'enregistrement de cette émission. Peu de temps après, en février 1997, elle meurt d'un cancer de la peau. George Michael sombre alors dans une dépression et arrête la promotion de son album. À la même période, il ne vient pas recevoir le Brit Award du meilleur artiste masculin des mains d'Elton John. Le 31 août 1997, George Michael est de nouveau endeuillé par la mort de Diana Spencer, avec qui il était proche. Le chanteur est présent lors de ses funérailles à l'abbaye de Westminster, aux côtés d'Elton John. Alors que George Michael a essayé de se libérer par la création musicale, il se renferme sur lui-même à la suite de ces deux décès.

« Let's go outside » : l'homosexualité de George Michael au grand jour

En 1996, George Michael dédie son album Older à Anselmo Feleppa et considère alors avoir publiquement révélé son homosexualité, sans passer par la presse. « Lorsque j'ai écrit et dédié cet album pour lui [Anselmo], je pensais avoir annoncé mon coming out à mes fans, et je ne faisais pas attention aux gens qui n'étaient pas intéressés par ma musique », indique George Michael lors d'une interview. Au moment de la mort d'Anselmo Feleppa, George Michael annonce également à ses parents son homosexualité. Mais en 1998, le chanteur est contraint d'annoncer officiellement son orientation sexuelle. En effet, le 7 avril 1998, George Michael fait du cottaging dans le Will Rogers Memorial Park de Beverly Hills, en Californie. Ce mot argotique anglais signifie que George Michael cherche à avoir une relation homosexuelle dans les toilettes publics du parc. Mais le même jour, l'officier de police américain Marcelo Rodriguez et son coéquipier patrouillent en civil dans le parc pour intercepter ces actes d'exhibitionnisme, dont certaines personnes se sont plaintes,. Marcelo Rodriguez prend George Michael sur le fait et l'arrête pour atteinte à la pudeur dans un lieu public. Il est libéré le soir même, après le paiement d'une caution de 500 dollars. En décembre 1998, dans le talk show anglais de Michael Parkinson, George Michael revient sur ses agissements et explique qu'« [il] n'étai[t] pas dans le meilleur état d'esprit » et que « c'était irresponsable de faire ça. » La presse internationale relaie cet événement et contraint George Michael à un outing public. Autrement dit, le chanteur déclare publiquement qu'il est homosexuel, alors qu'il n'avait pas l'intention de l'annoncer dans la presse. « Je ne sais pas si je l'aurais un jour dévoilé aux journalistes », déclare George Michael. Quelques années plus tard, Elton John remarque, avec ironie, qu'« une pissotière n’est pas le meilleur endroit pour faire son coming out. » Mais cette expérience a finalement libéré George Michael, qui n'a pas toujours été sûr de sa sexualité pendant sa jeunesse. « Grâce à ma mésaventure, je me suis rendu compte que, au fond, ma différence était ma principale qualité », explique-t-il au magazine français Télérama en 2004. À la fin de l'année 1998, George Michael, pour qui l'homosexualité n'est pas honteuse, compose une chanson sur son exhibition et sur son arrestation, intitulée Outside. Ce morceau funk est surtout une invitation à vivre son amour librement et en plein jour. Dans le clip d'Outside, George Michael parodie son arrestation par la police : on y voit des toilettes se transformer en piste de disco et le chanteur danser en tenue de policier. En 1999 et 2002, George Michael est poursuivi en justice pour diffamation par Marcelo Rodriguez, l'officier de policer qui l'a arrêté. La United States District Court de Californie déboute à chaque fois la demande de Marcelo Rodriguez. En 1998, le single Outside est no 2 en Angleterre pendant deux semaines et atteint la vingt-sixième place du hit-parade français pendant une semaine,.

Succès commerciaux et échec critique de Songs from the Last Century

Avec Outside, George Michael renoue avec le succès. En 1998, la sortie de la compilation Ladies and Gentlemen: The Best of George Michael confirme définitivement la popularité du chanteur. En effet, ce double album, dédié entièrement à sa mère, se vend à 9 millions d'exemplaires dans le monde. Il reste huit semaines en tête du hit-parade anglais. Ladies and Gentlemen: The Best of George Michael est distribué par Sony Music, qui possède encore les droits des anciennes chansons de l'artiste. La compilation rassemble des tubes de George Michael, ainsi que des titres moins connus comme A Moment with You et Fantasy, qui était la face B du single Freedom! '90. George Michael inclut également une reprise de As de Stevie Wonder, chantée en duo avec Mary J. Blige. Sortie en single en 1999, As se classe 27e au hit-parade français. Ce n'est pas la première chanson de Stevie Wonder que George Michael reprend. En 1985, le chanteur anglais chante en duo avec la star américaine Love's in Need of Love Today sur la scène de l'Apollo Theater de New York. En 1997, George Michael et Stevie Wonder se retrouvent de nouveau à Los Angeles pour interpréter Living for the City. Enfin, en 1991, George Michael inclut une version de I Believe (When I Fall in Love It Will Be Forever) sur la face B de Don't Let the Sun Go Down on Me.

Peu avant Noël 1999, George Michael sort un quatrième album intitulé Songs from the Last Century. Produit par le chanteur et Phil Ramone pour le label Virgin-DreamWorks, il s'agit d'un album de reprises jazz. Le chanteur anglais reprend des chansons des années 1930 et 1940 comme Brother, Can You Spare a Dime?, You've Changed, My Baby Just Cares for Me, I Remember You, Secret Love, Wild Is the Wind, Where or When et It's All Right with Me, et signe également des versions jazz de chansons plus récentes comme The First Time Ever I Saw Your Face, Roxanne et Miss Sarajevo. Aucun single n'est extrait de l'album. Toutefois, un clip presque documentaire est tourné dans le Red Light District d'Amsterdam pour la reprise de Roxanne, dont les paroles traitent de la prostitution. Songs from the Last Century reçoit un mauvais accueil critique. Par exemple, Nigel Packer de BBC, bien que soulignant les qualités vocales de George Michael, écrit que « dans l'ensemble, le résultat est plus anesthésique que swing. » Songs from the Last Century atteint la deuxième place du hit-parade anglais et est le seul album de George Michael à ne pas avoir atteint la première place. L'album ne dépasse pas la 157e place du Billboard 200 aux États-Unis.

En marge de cet album, George Michael participe à plusieurs concerts entre 1999 et 2000. En avril 1999, il rend hommage à Linda McCartney pendant un concert organisé par son mari Paul. Linda McCartney est morte un an avant d'un cancer du sein. « Ma mère a perdu le même combat que Linda », déclare George Michael sur scène. En octobre 1999, le chanteur prend part au concert de charité NetAid au stade de Wembley et interprète en live une chanson de chacun de ses albums : Fastlove, Brother, Can You Spare a Dime?, Father Figure et Freedom! '90. George Michael n'a pas souhaité que la BBC retransmette sa performance à cause de problèmes techniques pendant le concert. La même année, George Michael se produit également au Royal Albert Hall de Londres pour l'association caritative LGBT Stonewall. En 2000, George Michael chante plusieurs fois en duo. Le 29 avril 2000, George Michael rejoint plusieurs artistes au Robert F. Kennedy Memorial Stadium de Washington pour le concert Equality Rocks, sponsorisé par la Human Rights Campaign, qui lutte notamment contre les crimes de haine homophobes. George Michael y interprète Freedom! '90 aux côtés de la star américaine du country Garth Brooks. Le 6 juin 2000 , George Michael chante Don't Let the Sun Go Down on Me avec le ténor italien Luciano Pavarotti à Modène, pour un concert de charité. Enfin, en août 2000, George Michael enregistre If I Told You That en duo avec Whitney Houston. En 1998, Whitney Houston chantait déjà seule cette chanson pour son album My Love Is Your Love, et son duo était à l'origine prévu pour Michael Jackson. Finalement, même si George Michael a vécu une période difficile, surtout ponctuée de deuils, il a poursuivi sa carrière musicale et a encore obtenu du succès auprès du public.

Les années 2000

Depuis 1998, George Michael n'a pas écrit de nouvelles chansons. Le chanteur sort alors deux nouveaux singles en 2002 : Freeek! et Shoot the Dog. Dans le premier titre George Michael fustige les médias et tire une sonnette d'alarme contre la pornographie, tandis que le second est un véritable réquisitoire contre la guerre, n'hésitant pas à ridiculiser le président des États-Unis et le Premier ministre britannique dans un clip sous forme de dessin animé.

George Michael enterre définitivement la hache de guerre avec Sony Music (avec qui il avait sorti Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael) avec son dernier album : Patience.

Patience est un album qui sent la nostalgie comme le témoignent des chansons telles que John and Elvis Are Dead ou le très personnel My Mother Had a Brother, un des morceaux phares. Album autobiographique à bien des égards, outre My Mother Had a Brother, on y trouve aussi Patience, American Angel, et Please Send Me Someone (Anselmo's Song). Mais c'est aussi l'album d'un véritable mélodiste pop du début de siècle avec Amazing, Cars and Trains, Flawless (Go to the City), ainsi que Freeek!, et Shoot the Dog qui y ont été intégrés.

Avant de participer à la compilation Hope (Warchild, 2004) en faveur de l'arrêt de la Guerre d'Irak où il reprend The Grave de Don McLean, George Michael annonce le 10 mars 2004 à la BBC Radio que Patience est son dernier album commercial. Selon ses propres aveux : « Maintenant j'aimerais vraiment que les gens puissent télécharger mes chansons sur internet, gratuitement, avec la possibilité pour eux en contrepartie de faire un don à une œuvre de charité ». Puis de continuer : « Croyez-moi, dans le monde moderne, si vous n'êtes dans aucun classement, si vous ne faites gagner d'argent à personne, si vous ne faites perdre d'argent à personne, vous présentez alors très peu d'intérêt pour la presse », et de finir par : « .. et je serai alors un homme beaucoup plus heureux. » (BBC Radio, le 10 mars 2004).

En 2005, le réalisateur Southan Morris propose à George Michael de faire un film sur sa vie. George Michael accepte. A Different Story (distribué en France sous le titre George Michael : Mon Histoire), est un documentaire retraçant la carrière de l'artiste. Accompagné d'entretiens de George Michael lui-même, d'Andrew Ridgeley son comparse de Wham!, des choristes Shirlie Holliman-Kemp et Pepsi Demacque-Crockett, David Austin (ex-The Executive et un des plus proches amis de la star), Jack Panayiotou (son père), Sir Elton John, Paul Gambaccini (historien et journaliste), Geri Halliwell (La Spice Girl, une amie), Kenny Goss (son compagnon), Mariah Carey, Boy George, Martin Kemp (bassiste du groupe Spandau Ballet), Sting, Phil Ramone (producteur de Songs from the Last Century) et Noel Gallagher (Oasis), ce documentaire assez classique dans sa construction chronologique éclaire l'affaire qui l'opposait à Sony Music, et des sujets aussi sensibles que la perte de son compagnon (Anselmo Feleppa) et de sa mère, ainsi que sur ses engagements politiques et sociaux. Ce documentaire sera vendu en DVD exclusivement pendant la tournée mondiale qui suivra.

La même année, George Michael est en « guest star » au Live 8 aux côtés de Paul McCartney pour chanter en duo avec l'ancien Beatles Drive My Car (Lennon/McCartney).

En 2006, George Michael se lance dans une tournée pour fêter ses 25 années de carrière : C'est le « 25 Live Tour » qui sera prolongé durant l'été 2007. Cette tournée est l'occasion pour George Michael de sortir Twenty Five, une compilation de ses années Wham! et ses années en solo. La compilation sort sous deux formes : un double album composé d'un CD de slows et d'un CD de ses morceaux les plus dansants, et l'autre support est un triple album (en digipack) pour les plus fans comprenant les deux CD cités et un CD en plus. Twenty Five comprend deux nouveautés : le single This Is Not Real Love, chanté avec Mutya, et un nouveau duo avec Sir Paul McCartney où les deux stars reprennent ensemble Heal the Pain de George Michael.

L'événement le plus marquant de cette tournée, qui est un véritable show de la part d'un artiste que les fans attendaient depuis des années (il n'était pas venu en concert à Paris depuis 1988 pour The Faith Tour), est le moment où apparaît sur scène une poupée gonflable géante de George W. Bush avec un chien habillé du drapeau britannique et faisant une fellation au président des États-Unis pendant que George Michael chante Shoot the Dog.

George Michael est présent sur deux CD en hommage à deux grands artistes de la musique : Genius & Friends où il chante en duo avec Ray Charles Blame It on the Sun. Le morceau avait été enregistré un peu avant le décès de Ray Charles mais l'album n'est sorti qu'en 2005 chez Rhino/WEA. Dans Duets : An American Classic, c'est avec le crooner Tony Bennett qu'il interprète la chanson How Do You Keep the Music Playing?.

En juillet 2007, le groupe Gossip, fait une reprise rock et déjantée de Careless Whisper à l'occasion d'un concert à Liverpool, en Angleterre. Cette version figurera sur leur album Live in Liverpool (2007).

Le , Reuters informe que George Michael a signé un contrat avec l'éditeur HarperCollins pour une autobiographie.

Le retour sur scène de George Michael est annoncé le 18 juillet 2008 au Centre Bell à Montréal. Il s'agit du prolongement de la tournée « Twenty Five Live ». George Michael se produit alors dans une dizaine de villes aux États-Unis et au Canada. La compilation Twenty Five qui sort en 2008 dans ces deux pays diffère légèrement de l'édition européenne : elle contient un inédit, Feeling Good (une reprise de Nina Simone), et des tubes qui ne figurent pas dans le Twenty Five Live .

Le , George Michael donne un ultime concert au Zayed Sports City Stadium à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. À cette même date, parait un nouveau single spécialement pour Noël : December Song. Celui-ci est alors disponible en téléchargement gratuit sur le site internet officiel de l'artiste.

Les années 2010

Le 24 août 2010, le chanteur plaide coupable à la cour Highbury Corner Magistrates à Londres après avoir reconnu la conduite sous l'influence de drogues. Le 14 septembre, à la même cour, il est condamné à huit semaines de prison, une amende et une interdiction de cinq ans de conduite. Il sera libéré le , après avoir purgé la moitié de sa peine, soit quatre semaines, à la prison Highpoint, dans le Suffolk.

Le , est annoncée la sortie d'une version remastérisée dite « Deluxe Edition » de l'album Faith. Elle ne sortira que le .

George Michael sort un nouveau single intitulé True Faith le . Il s'agit d'une reprise de la chanson du groupe New Order datant de 1987. George Michael reverse alors tous les bénéfices de la vente à Comic Relief, une association qui s'occupe de personnes très défavorisées au Royaume-Uni et en Afrique.

L'année suivante, George Michael entame une nouvelle tournée mondiale avec orchestre symphonique, « Symphonica Tour 2011 ».

Lors de la soirée d'ouverture de cette tournée à l'opéra national de Prague, il annonce en direct sa séparation avec Kenny Goss, après 15 ans de vie commune. La cause serait les problèmes d'alcool de ce dernier. Il devient le compagnon de Fadi Fawaz,.

En décembre 2011, il confie avoir failli mourir des complications dues à une pneumonie. Sa maladie lui inspire notamment la chanson White Light.

Le , il participe à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres. Il y interprète les chansons White Light et Freedom. Le , il est le premier artiste pop anglo-saxon à se produire sur la scène de l'Opéra Garnier, à Paris au profit de la lutte contre le sida, accompagné d'un orchestre symphonique.

Un nouvel album live intitulé Symphonica sort le , soit dix ans après l'album Patience. Il reprend le répertoire de la tournée internationale du chanteur, en 2011 et 2012, et est constitué en bonne partie de reprises de standards du jazz, de la soul ou de la variété.

Il meurt le 25 décembre 2016, à son domicile du comté d'Oxfordshire, à l'âge de 53 ans, à la suite d'une crise cardiaque,,.

Apparitions de George Michael à la télévision et clins d'œil cinématographiques

En tant qu'acteur, George Michael apparaît en guest dans la série télévisée Eli Stone en 2007. À la fin de l'année 2007, on le voit dans un épisode de Extras, la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Toujours en 2007, il fait une apparition dans la sitcom britannique The Catherine Tate Show. Dans cet épisode, il fait une allusion humoristique à sa sexualité. Quand l'infirmière Bernie (Catherine Tate) lui fait des avances en lui demandant "Do you want my sex/ Vous voulez mon sexe", il répond "Do you not read the papers, love?/ Vous ne lisez pas les journaux, mon amour ?"

Par ailleurs, on peut entendre des chansons de George Michael dans des séries télévisées telles que Beavis And Butt-Head (1993) de Mike Judge (Killer/Papa Was a Rollin' Stone et Wake Me Up Before You Go-Go), Scrubs (2001) de Bill Lawrence (Faith), Cold Case (2003) de Meredith Stiehm (Faith), et plus récemment encore Nip/Tuck (2003) de Ryan Murphy où on entend Jesus to a Child. Dans la série Friends, lors d'un épisode flashback en 1987, Ross et Chandler, encore étudiants, ont des tenues colorées à l'instar du groupe Wham!. Autre petit clin d'œil dans Friends, lorsque Ross porte une boucle d'oreille, il est taquiné par Chandler qui, lorsqu'il s'en va, lui dit : « Wake me up before you go go!! ».

Le personnage de Alex Fletcher, auteur-compositeur du film américain, Le Come-Back (de Marc Lawrence) est en partie inspiré de George Michael. En effet, Alex Fletcher faisait partie d'un groupe des années nommé PoP! (nom très proche de Wham!) et l'un des tubes de ce groupe est Meaningless Kiss, dont le titre et le riff d'introduction joué au saxophone fait penser à Careless Whisper.

Discographie

Wham!

Albums

  • 1983 : Fantastic (Innervision)
  • 1984 : Make It Big (Epic)
  • 1986 : The Final (Epic)
  • 1986 : Music from the Edge of Heaven (Columbia)

Compilation

  • 1997 : The Best of Wham!: If You Were There? (Epic)

George Michael

Albums studio

  • 1987 : Faith (Epic)
  • 1990 : Listen Without Prejudice, Vol. 1 (Epic)
  • 1996 : Older (Virgin / Dreamworks / Ægean) (édition limitée : Older & Upper)
  • 1999 : Songs from the Last Century (Virgin / Ægean)
  • 2004 : Patience (Epic / Sony Music / Ægean)

Album live

  • 2014 : Symphonica (Virgin-EMI / Ægean)

Compilations

  • 1998 : Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael (Epic)
  • 2006 : Twenty Five (Sony Music)
  • 2008 : Twenty Five (Sony Music US)

EP

  • 1993 : Five Live (Hollywood / Parlophone)
  • 1996 : The Spinning the Wheel E.P. (Virgin / Ægean)
  • 1996 : The Older E.P. (Virgin / Ægean)
  • 1997 : The You Have Been Loved E.P. (Virgin / Ægean)

Captations vidéos

Les dates mentionnées ci-dessous correspondent aux dates de sorties des captations vidéos.

Compilations des clips de Wham!

  • 1984 : Wham! - The Video (CBS/Fox Video)
  • 1985 : Wham! - 85 (CBS/Fox Video)
  • 1986 : Wham! - The Final (CBS/Fox Video)
  • 2001 : The Best of Wham! (Sony Music Video)

Compilations des clips de George Michael

  • 1987 : I Want Your Sex - George Michael (CBS/Fox Video)
  • 1988 : Faith - George Michael (CBS Music Video)
  • 1999 : Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael (Sony Music Video)
  • 2002 : George Michael - Shoot The Dog / Freeek! (Universal)
  • 2006 : George Michael - Twenty Five (Sony BMG / Ægean)

Captations de concerts

  • 1988 : Nelson Mandela 70th Birthday Tribute (CBS Music Video)
  • 2004 : Live Aid (Warner Music Vision)
  • 2005 : Live 8: One Day, One Concert, One World (EMI)
  • 2009 : George Michael - Live in London (en) (Sony Music / Ægean)
  • 2013 : The Freddie Mercury Tribute Concert (Eagle Vision)
  • 2014 : Symphonica - George Michael (Virgin-EMI / Ægean)

Notes et références

Notes

Références bibliographiques

  • George Michael : de A à Z
  • George Michael
  • Do You Really Want to Know George Michael

Autres sources

Annexes

Bibliographie

  • Arturo Blay (trad. de l'espagnol), George Michael, Valence (Espagne), La Máscara, coll. « Idoles de la pop » (no 8), , 48 p. (ISBN 84-7974-568-1)
  • Stéphane Boudsocq (ill. Léon Pistache), George Michael : de A à Z, Paris (France), Groupe Express Éditions, coll. « Les Guides Music Book », , 119 p. (ISBN 2-84343-289-8)
  • (en) Lucy Ellis et Bryony Sutherland, The Complete Guide to The Music of George Michael & Wham!, Omnibus Press, (ISBN 0-7119-6822-5)
  • (en) Nigel Goodall, George Michael : In His Own Words, Londres (Angleterre), Omnibus Press, (1re éd. 1995), 107 p. (ISBN 0-7119-7891-3)
  • (en) Rob Jovanovic, George Michael : The Biography, Grande-Bretagne, Steve Gove, , 240 p. (ISBN 978-0-7499-5141-2)
  • (en) George Michael et Tony Parsons, George Michael : Bare, Penguin Books, , 256 p. (ISBN 978-0140132359)
  • (en) Mike Middles, George Michael : Freedom, Chameleon Books, , 128 p. (ISBN 978-0233991764)
  • (en) Robert Steele, Careless Whispers : The Life & Career of George Michael, Omnibus Press, , 376 p. (ISBN 978-0-85712-726-6)
  • Xavier Uffenvanken, Do You Really Want to Know George Michael, France, , 80 p. (ISBN 2-9527760-0-8)
  • Fanny Walters, George Michael : Unique, Éditions Fanny Walters, , 140 p. (ISBN 2-9521177-0-5)
  • (en) Nicholas et Tim Wapshott, Older : The Unauthorized Biography of George Michael, Sidgwick & Jackson, , 368 p. (ISBN 978-0330367547)

Films documentaires

  • (en) Wham! in China: Foreign Skies de Lindsay Anderson, CBS/Fox Video (États-Unis et Royaume-Uni), 1986, VHS
  • (en) George Michael de Alan Benson, CBS Music Video (États-Unis, Royaume-Uni et Europe), 5 novembre 1990, VHS
  • George Michael : Mon histoire (George Michael: A Different Story) de Southan Morris, Pretty Pictures (France), 11 janvier 2006

Liens externes

  • (en) Site officiel
  • (en) George Michael sur l’Internet Movie Database
  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale de la Diète ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat

James Last

James Last, de son vrai nom Hans Last, né le à Brême et mort le à Palm Beach en Floride, est un compositeur et chef d'orchestre allemand. Son style est représentatif de l'easy listening, une forme de musique accrocheuse destinée au grand public.

Biographie

Brême

Hans Last est né à Hemelingen (de), un quartier de Brême, d'un père employé aux Bremer Stadtwerken. Passionné par la musique, il transporte un bandonéon et une batterie à l'arrière de son vélo pour jouer à 4 Reichsmark la soirée.

En 1943, en pleine guerre, toutes les possibilités de se former à la musique dans le civil étant fermées, il s'inscrit à l'école de musique militaire de Francfort. Les bâtiments de l'école ayant été détruits par un raid aérien, il ira à celle de Bückeburg,. L'école est fermée en 1945, mettant un terme à ses études musicales.

Hans Last entame alors une carrière de musicien professionnel en jouant du piano dans des clubs en zone d'occupation américaine, puis de la contrebasse. Il fait son premier arrangement pour le film The Hunters,.

Il commence ensuite en tant que bassiste auprès de l'orchestre de danse de Radio Bremen à la fin 1945. À côté du grand orchestre de danse se forme le Last-Becker Ensemble (de) avec jusqu'à 13 musiciens et qui anime de nombreuses soirées. Il est nommé meilleur bassiste de jazz en 1950 et les deux années suivantes par le magazine populaire masculin Die Gondel. Il joue au premier Deutsches Jazzfestival (de) à Francfort, concert publié en disque.

À la suite de ses succès en tant qu'arrangeur de musique de danse pour le Last Becker Ensemble et le grand orchestre de danse de Radio Bremen, cette station lui demande de former un orchestre à cordes qui jouera en direct deux fois par semaine.

Hambourg

Il quitte en 1955 Radio Bremen qui ne compte pas assez d'auditeurs pour Hambourg, où il est bassiste auprès de l'orchestre de danse de la Nordwestdeutscher Rundfunk (NDR), où il accompagne souvent les chanteurs en vogue à ce moment et fait aussi des arrangements. En plus de la basse acoustique, il commence à la basse électrique.

Hans Last fait aussi des arrangements pour Helmut Zacharias, qui est passé du jazz à la musique populaire et part avec lui en tournée européenne.

Il arrange aussi pour Harry Hermann (de) et Michael Jary, pour lequel il écrit la musique du film Wie werde ich Filmstar? (de).

Il sort ses premiers disques chez Polydor en 1963. Deux disques de Hans Last und die Rosenkavaliere font un pot-pourri des succès des années 1940 et 1950, un troisième reprend de la musique classique, le tout sans grand succès public. En 1965, il renonce à sa place de bassiste auprès de la NDR. Il sort un nouvel album chez Polydor qui comble cette fois ses attentes.

C'est lors de la préparation de la publication de l'album Non Stop Dancing '65 pour le marché international que Polydor se décide pour le nom d'artiste James Last, qui est rapidement aussi utilisé en Allemagne,. Ce nom est écrit avec des « ombres » assez typiques des années 1970 sur les pochettes des albums.

Son « happy sound » ou « son heureux » remporte un énorme succès à partir de 1965 et pour deux décennies. Il compte à l'époque à lui seul pour près de 30 pourcent des ventes de disques de Polydor en Allemagne. Il est le seul artiste de la maison de disques à obtenir son propre bureau avec une secrétaire. Au début, les couvertures de ses albums privilégient des images de femmes, mais à partir de 1968 il est en photo. En 1973, il reçoit son 100e disque d'or. À cette époque, Elvis Presley n'en compte que 76 en Allemagne et les Beatles 58. Il sort jusqu'à douze albums par an.

Autour de 1985, ses producteurs Ossi Drechsler et Werner Klose avaient quitté Polydor, et les nouveaux dirigeants considèrent James Last comme un modèle dépassé. Il perd son bureau lorsque l'entreprise déménage. Le studio de Rahlstedt (de) n'est plus disponible à partir des années 1990. James Last songe à changer de maison de disques, mais les droits sont à l'entreprise et non au musicien. C'est ainsi que sortent de nombreuses reprises, portant préjudice à la sortie de nouveaux albums.

La Floride

Il déménage complètement à partir des années 1980 en Floride, où il installe un studio d'enregistrement et produit des albums. Il rencontre des difficultés financières et il est victime d'escrocs lors de ses investissements.

Il meurt en Floride en 2015. Selon sa volonté, il est enterré au cimetière d'Ohlsdorf.

Style musical

James Last adopte un style musical principalement instrumental, souvent swinguant et propice à la danse, très en vogue au cours des années 1960 et 1970, tout en gardant l'aspect de musique légère et de divertissement, souvent mis en relief par deux trompettes, une basse incisive assorties de chœurs et la batterie, à l'instar des orchestres de Bert Kaempfert, Herb Alpert ou Roberto Delgado.

De nombreux succès de variétés et presque tous les genres de musiques traditionnelles et folkloriques de nombreux pays, tels que l'Autriche, le Mexique, l'Irlande, les musiques de Westerns ou la Russie, seront abordés et repris par son orchestre renforcés par la rythmique d'un accompagnement modernisé.

Les polkas, notamment dans sa série "Polka Party" et valses viennoises seront aussi mises à l'honneur dans un style entraînant. Les instruments solistes seront aussi mis en vedette, dans sa série "Instrument à Gogo", tels que trompette, saxophone, orgue Hammond, guitare électrique, etc.

Un second style principalement sera abordé de manière beaucoup plus romantique, mettant cette fois en relief les violons, reprenant avec une touche légèrement modernisée par l'appoint de la basse et de la batterie, plusieurs mélodies classiques et airs de Noëls.

Plusieurs artistes solistes s'adjoindront à son orchestre pour quelques compositions, tels que :

  • le cithariste autrichien Alfons Bauer (de) en 1968,
  • les flûtistes de Pan Gheorghe Zamfir (Le berger solitaire) en 1971 et Horea Crishan (Paradis des oiseaux) en 1982,
  • un groupe folk celtique (In Ireland) en 1986,
  • la flûtiste traversière Berdien Stenberg (nl) (Flûte fiesta) en 1988 puis
  • le pianiste Richard Clayderman en 1995.

Les dernières années, face à la mode de plus en plus rythmique, il s'adonnera au disco et convergera souvent vers les rythmes actuels.

Ce sera l'un des orchestres dont la discographie microsillon, puis CD (reprenant les vinyls ou nouveaux) sera la plus importante en diversité, vendus internationalement.

Discographie

Filmographie

comme compositeur

émission télé

  • 1979 : James Last in London (TV)

Récompenses et nominations

Références

Voir aussi

Crédits de traduction

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « James Last » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie

  • (de) James Last, James Last Story, R. Glöss, Hambourg 1975, ISBN 3-87261-005-8
  • (en) Robert Wilcox, James Last, Everest, Londres, 1976, ISBN 0-905018-12-5
  • (en) Howard Elson, James Last, Proteus Books, Londres, 1982, ISBN 0-86276-174-3
  • (de) James Last, Thomas Macho, Mein Leben. Die Autobiografie, Heyne, Münich, 2006, ISBN 3-453-12063-9
  • (de) James Last, Thomas Macho, Non stop Leben. Die Autobiografie, Heyne, Münich, 2015, ISBN 978-3-453-60352-3.

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat
  • RadioGentleman, Web radio consacrée principalement à sa musique
  • (en+de) Site officiel
  • (en) « James Last », sur Find a Grave
  • James Last fansite
  • James Last | The famous German composer

Patricia kaas

Patricia Kaas, née le à Forbach (Moselle) en Lorraine, est une chanteuse française.

Depuis 1987, elle connaît le succès dans les principaux pays francophones et germanophones, ainsi que dans les pays d'Europe de l'Est, où elle se produit régulièrement sur scène. Ses albums sont commercialisés dans une quarantaine de pays, avec des ventes estimées à 17 millions à travers le monde.

Biographie

Patricia Kaas grandit à Stiring-Wendel, ville frontalière avec l'Allemagne où se parle le « platt ». Ce dialecte qui appartient au moyen allemand est la langue maternelle de Patricia, qui ne parlera pas le français avant l'âge de six ans. Elle est élevée dans une famille de sept enfants (5 frères et une sœur), par une mère allemande et un père français « gueule noire » (mineur de fond dans les mines de charbon dans les puits Wendel).

Avec l’aide de ses parents, elle commence à donner des concerts dès l'âge de huit ans, faisant des représentations sur des chansons de Sylvie Vartan, Claude François ou Mireille Mathieu, mais aussi New York, New York ou Just a Gigolo.

Après avoir été engagée en 1979 ? elle a alors 13 ans ? dans un cabaret de Sarrebruck, le « Rumpelkammer Club » où elle chantera tous les samedis soirs pendant sept ans, elle est finalement remarquée en 1983 par François Bernheim, qui se déplace en Allemagne à Francfort pour l'écouter chanter à une fête de la bière. En rentrant à Paris, il demande à sa complice Élisabeth Depardieu de coproduire le premier disque de Patricia avec lui. Bien que Gérard Depardieu participe financièrement à ce premier enregistrement, le titre Jalouse paraît au printemps 1985 mais passera inaperçu.

Mademoiselle chante...

Deux ans après, François Bernheim présente Patricia Kaas à Didier Barbelivien, qui lui offre Mademoiselle chante le blues (chanson refusée dans un premier temps par Nicoletta). Sortie en avril 1987, la chanson atteint la 7e place du Top 50 et est récompensé par le prix Charles Cros. Le 5 décembre, jour de ses 21 ans, elle monte pour la première fois sur la scène de l'Olympia, assurant la première partie des concerts de Julie Pietri.

En novembre 1988 parait le premier album de Patricia Kaas, Mademoiselle chante.... Il rencontre un grand succès en France et dans les pays francophones grâce aux tubes D'Allemagne, Mon mec à moi, Elle voulait jouer cabaret et Quand Jimmy dit, qui lui valent le titre de Révélation de l'année aux Victoires de la musique. Peu de temps après la sortie de cet album, sa maman, avec qui elle entretenait des liens très forts et dont elle se sentait dépendante, meurt d'un cancer le 16 mai 1989. Elle confiera, en 2011, que sa première tournée était pour elle une manière de fuir son deuil.

Années 1990

Ses deux albums suivants, Scène de vie (1990) et Je te dis vous (1993), connaissent également un très grand succès (Je te dis vous dépassant même les 2,5 millions de copies dans le monde), portés par des titres comme Les Hommes qui passent, Entrer dans la lumière et Il me dit que je suis belle (signé Jean-Jacques Goldman qui se cache sous le pseudonyme Sam Brewski). Ses tournées la mènent alors dans le monde entier. En 1992 elle intègre la troupe des Enfoirés, et le ténor italien Luciano Pavarotti l'invite à un concert humanitaire à Modène.

Après avoir enregistré Café Noir, un album en anglais qui ne sortira jamais, elle modernise son image en 1997. Entourée de compositeurs à succès (Jean-Jacques Goldman pour Dans ma chair et Pascal Obispo pour Le Mot de passe), ses concerts font toujours salle comble, malgré des ventes de disques en déclin : en France, Dans ma chair (1997) sera certifié disque double platine (porté par les singles Quand j'ai peur de tout et Je voudrais la connaître) et Le Mot de passe (1999) disque de platine (porté par Ma liberté contre la tienne ou encore Une fille de l'Est). En décembre 1998, elle enregistre Christmas in Vienna VI avec le ténor espagnol Plácido Domingo et le chanteur mexicain Alejandro Fernández. Les 25 et 27 juin 1999, elle est invitée par Michael Jackson à Séoul et à Munich, dans le cadre de deux grands concerts humanitaires, Michael Jackson & Friends.

Années 2000

En 2000, à l'occasion de la Fête de la Fédération, elle donne un concert au jardin du Luxembourg à Paris.

Les années 2000 sont plus difficiles avec notamment le semi-échec du film de Claude Lelouch, And now... Ladies and Gentlemen, dans lequel Patricia Kaas partage l'affiche avec Jeremy Irons, et les ventes moins importantes des albums Piano Bar (2002), un album d'adaptations en anglais de chansons françaises, et Sexe fort (2003), malgré des titres signés Goldman, Renaud, Cabrel et Obispo. Toutefois, les tournées internationales qui suivent ces albums connaissent, comme les précédentes, un très large succès : le Piano-Bar Tour se joue notamment aux États-Unis, réunissant 6 000 personnes au Beacon Theater de New York, et le Sexe-fort Tour se joue notamment en Chine, réunissant plus de 6 000 personnes au Palais du peuple de Pékin.

2008: Kabaret

2008 marque le retour de Patricia Kaas sur le devant de la scène avec un nouvel album, Kabaret, en hommage aux années 1930.

La distribution de Kabaret s'est faite sous différents canaux. L'album est tout d'abord distribué en Russie, dans le cadre d'un partenariat avec la chaîne de magasins de cosmétiques L'Étoile : 500 000 exemplaires sont ainsi offerts aux clients de L'Étoile, ce qui vaudra à l'album un disque de diamant en Russie. En France, la distribution est assurée dans un premier temps sur le site Venteprivée au prix de 6 ?,.

Durant cette période, Patricia Kaas change de maison de disques, et la distribution de l'album est assurée à la fois par Sony (son ancienne maison de disques) pour l'international, et par Universal pour la France. Son entourage prétend que Kabaret a été certifié disque d'or en France au début de 2010, et se serait écoulé à 800 000 exemplaires dans le monde,, mais en réalité l'album n'a jamais été certifié disque d'or (75 000 ventes), et n'a pas atteint les 50 000 ventes à l'export,,.

Une nouvelle tournée internationale a lieu, entre novembre 2008 et février 2010, en France et dans une vingtaine de pays.

Concours Eurovision de la chanson

Début 2009, France 3 demande à Patricia Kaas de représenter la France au 54e Concours Eurovision de la chanson se tenant le 16 mai à Moscou, où elle jouit d'une grande popularité. Le choix de la chanson se porte sur Et s'il fallait le faire, qui avait été plébiscitée par le vote des internautes pour figurer en première piste de son nouvel album Kabaret. La France se classe 8e sur 25 avec 107 points, malgré une prestation saluée : en effet, la chanteuse sera récompensée du prix Marcel-Bezençon de la meilleure performance artistique, décerné par les commentateurs de l'événement.

Années 2010

Au printemps 2011, Patricia Kaas publie sa première autobiographie, L'ombre de ma voix.

Le 5 novembre 2012, paraît un album-hommage à Édith Piaf à l'occasion du 50e anniversaire de décès de la chanteuse, Kaas chante Piaf, réalisé par Abel Korzeniowski avec le Royal Philharmonic Orchestra. Une tournée suit dans une quarantaine de pays passant, entre autres, par le Royal Albert Hall de Londres, le Carnegie Hall de New York et l'Olympia à Paris.

Le 20 juin 2016, elle dévoile Le jour et l'heure, premier extrait de Patricia Kaas, un nouvel album qui sort le 11 novembre. Le deuxième extrait est la chanson Madame Tout le monde. Une tournée nationale suit en 2017, avec notamment un passage programmé au Grand Rex à Paris.

Engagement citoyen

En décembre 2012, elle signe un appel d'artistes et de personnalités artistiques en faveur de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Discographie

Albums studio

  • 1988 : Mademoiselle chante...
  • 1990 : Scène de vie
  • 1993 : Je te dis vous
  • 1997 : Dans ma chair
  • 1999 : Le Mot de passe
  • 2002 : Piano bar by Patricia Kaas
  • 2003 : Sexe fort
  • 2008 : Kabaret
  • 2012 : Kaas chante Piaf
  • 2016 : Patricia Kaas

Albums live

  • 1991 : Carnets de scène
  • 1994 : Tour de charme
  • 1998 : Rendez-vous
  • 1999 : Christmas In Vienna Vol. VI (avec Plácido Domingo et Alejandro Fernández)
  • 2000 : Patricia Kaas live
  • 2005 : Toute la musique...
  • 2009 : Kabaret sur scène
  • 2014 : Kaas chante Piaf à l'Olympia

Compilations

  • 2000 : Long Box (4 premiers albums studio Sony)
  • 2001 : Rien ne s'arrête
  • 2009 : 19 par Patricia Kaas
  • 2011 : Mademoiselle n'a pas chanté que le blues (compilation Canada)

DVD live

  • 1991 : Carnets de scène
  • 1994 : Tour de charme
  • 1998 : Rendez-vous
  • 1999 : Christmas In Vienna Vol. VI (avec Plácido Domingo et Alejandro Fernández)
  • 2000 : Ce sera nous
  • 2005 : Toute la musique...
  • 2009 : Kabaret
  • 2014 : Kaas chante Piaf à l'Olympia

Collaborations

Filmographie

  • 2002 : And now... Ladies and Gentlemen, de Claude Lelouch
  • 2012 : Assassinée, de Thierry Binisti (téléfilm)

Distinctions

  • 1988 : Victoire de la musique de la révélation de l'année
  • 1989 : Victoire de la musique pour la meilleure vente d'albums à l'étranger
  • 1990 : Goldene Europa de la chanteuse de l'année
  • 1991 : Victoires de la musique de l'interprète féminine de l'année et pour la meilleure vente d'albums à l'étranger
  • 1991 : World Music Award de l'artiste française de l'année
  • 1991 : Bambi de l'artiste de l'année
  • 1991 : Trophée au Gala de l'Adisq
  • 1992 : Victoire de la musique pour la meilleure vente d'albums à l'étranger
  • 1994 : Médaille de la Ville de Paris (échelon grand vermeil)
  • 1995 : Victoire de la musique pour la meilleure vente d'albums à l'étranger
  • 1995 : World Music Award de l'artiste française de l'année
  • 1995 : Femme en or
  • 1998 : Prix de la chanteuse internationale en Turquie
  • 2000 : Prix De Gaulle - Adenauer; chevalier de l'ordre national du Mérite
  • 2002 : Goldene Europa de l'artiste internationale de l'année
  • 2002 : Médaille de Saint-Georges de l'Académie internationale "Golden Fortune"
  • 2003 : Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne pour l'amitié franco-allemande
  • 2009 : Prix artistique Marcel-Bezençon de la meilleure performance artistique de l'année à l'Eurovision
  • 2012 : Prix Personne de l'année en Ukraine
  • 2012 : Officier de l'ordre des Arts et des Lettres
  • 2012 : Médaille de Saint-Georges de l'Académie Internationale "Golden Fortune"
  • 2012 : Prix des Lauriers verts de la meilleure autobiographie de l'année pour L'ombre de ma voix
  • 2014 : Biaf Prix pour l'ensemble de la carrière comme meilleure artiste Européenne au Liban

Notes et références

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? WorldCat
  • Site officiel
  • (en)+(nl)Fansite de Patricia Kaas, sur patriciakaas.nl
  • Biographie de Patricia Kaas sur Radio France internationale